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 [30 Sept] Where streets have no name.

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Rebecca Stuart
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MessageSujet: Re: [30 Sept] Where streets have no name.   Sam 18 Oct - 0:24

    La vie était loin d'être joyeuse. Et là, Rebecca le ressentait du plus profond d'elle-même. cette douleur qui lui enserrait la poitrine comme un étau, qui l'empêchait de penser, de respirer correctement. Elle savait à quoi elle s'exposait en demandant de pareilles concessions à Will. Seulement, elle ne s'attendait pas à tout se prendre dans la figure de cette manière. C'était douloureux, difficile à supporter. Cette peur de mourir, elle ne l'avait pas pour elle-même. Mais maintenant, la peur de la Mort se faisait plus présente, plus importante, bien que ce soit le sang qui reste sa phobie principale, sa peur déraisonnée. Mais, sans aucun doute que maintenant, ce ne serait plus elle qui se verrait saigner mais Wilfried. La peur du sang se mêlait insidieusement à celle de le perdre. Et c'était sûrement quelque chose de parfaitement et d'absolument horrible. Elle ressentait maintenant cette peur irrationnelle de le perdre, alors qu'elle savait parfaitement qu'il serait pris en charge par les meilleurs médecins. Mais il n'empêchait qu'elle n'arrivait pas à concevoir qu'il puisse lui être enlevé par la maladie. Mais, la maladie était-elle la seule chose qui pouvait lui arracher sa Moitié ? Non, bien évidemment que non. Il y avait aussi cette fichue "guerre" qui régnait au dehors... Mangemorts contre Ordre du Phénix. Rebecca savait que si elle devait faire un choix, elle n'hésiterait pas à aller dans l'Ordre du Phénix, même si ce n'était plus qu'une organisation minable maintenant, qui avait perdu l'ampleur et l'éclat du passé. Mais, il était parfaitement hors de question qu'elle rejoigne les rangs des Mangemorts. Elle n'avait pas été élevée dans cette optique; la torture, le massacre, la mort ne faisait pas partie de son quotidien, loin de là ! Elle ne voulait pas de ça comme avenir. Un avenir où la peur du moindre faux pas pouvant lui être fatale pouvait peser sur ses épaules. Elle voulait une vie légère, même si elle savait que rien ne serait simple, qu'elle devrait subir d'autres souffrances, travailler comme une dingue peut-être. Pour Rebecca, personne n'était ni bon, ni mauvais. Il y avait en chaque personne un être sombre. Mais après, on choisissait ou pas de le montrer. Et c'était ça qui faisait toute la différence. Les Mangemorts n'étaient rien d'autre que des personnes qui avaient choisis la facilité, parce que le mal est tellement plus simple à faire que le bien. Des lâches... Et souvent, Rebecca méprisait ces gens-là. Ils ne méritaient pas son respect, que du mépris et de l'indifférence. Néanmoins, elle savait le "dilemme" de Will. Du moins, elle se doutait. Pourquoi ? Parce que, voyons, il fallait être stupide pour ne pas connaître les Wellington et pour ne pas savoir que, même s'ils prônaient la neutralité ("Nous sommes la Suisse"), il y avait quand même des gens qui étaient partisans. Et souvent dans les famille de cette acabit les enfants étaient envoyés sur une voix, pour suivre un destin macabre, funeste. Qu'y avait-il d'intéressant, d'épanouissant à suivre les ordres machiavéliques d'un psychopathe ou d'un sociopathe en puissance, qui ne voyait rien d'autre que sa satisfaction personnelle ? Alors franchement si les adolescents suivaient le chemin qu'on leur montrait, tout en sachant que c'était "mal", eh bien... Soit ils étaient particulièrement stupides soit c'était une voix qui leur plaisait parce qu'ils avaient décidé de montrer le côté sombre. Magnifique, n'est-ce pas ? * ironie *

    Alors que Rebecca espérait encore innocemment, naïvement, que sa vie finirait par se ranger, être calme, elle ne se doutait pas que dans sa propre destinée de sombres nuages s'esquissaient sournoisement. Elle était relayée, comme elle se devait de l'être, au rang de "Madame-Tout-Le-Monde". Simplement, il y avait des gens qui faisaient des projets sur son dos. Sa mère déjà... Bien sûr, Lohelia Isabella rêve d'une vie haute en couleur pour sa fille unique. Elle lui souhaitait bien entendu tout le bonheur du monde mais surtout une réussit sociale indéniable. Car dans un monde aussi fermé, il fallait savoir faire abstraction de ce que son sang était - Sang-Mêlé si on prenait en compte le cas de Rebecca - et mettre en avant la branche la plus avantageuse de la famille. Pour la jeune Stuart, il y avait fort à parier que ce serait les Di Matteo les déclencheurs de sa montée de l'échelle sociale. Oui, elle le savait déjà tout ça... Que parce qu'elle n'était qu'une Sang-Mêlée, elle devrait "renier" son père et ne jurer que par sa mère. Lohelia lui avait déjà dit qu'à Sainte-Mangouste, il y avait déjà eu un certain nombre de personne qui avaient carrément changé de nom de famille, préférant de loin prendre le nom du parti familiale le plus avantageux. Finalement, l'homme est un loup pour l'homme et on ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Mais, innocemment, Rebecca souhaitait sincèrement que sa vie ne soit pas trop semée d'embuches. Elle voulait aussi rester aux côtés de Will à tout jamais, mourir en même temps que lui ou alors se donner la mort s'il mourrait avant elle. Bien sûr, s'ils avaient des enfants, elle ne le ferait pas, par respect pour eux, afin qu'ils aient quand même quelqu'un sur qui compter, jusqu'à ce que, à leur tour, ils se mettent à voler de leur propres ailes. Bien sûr, ils ne devraient ni aller trop haut, sous peine de se faire brûler les ailes mais ni trop bas, sous peine de se perdre. Finalement, le juste équilibre était dur à trouver.

    Elle inspira profondément et regarda Will droit dans les yeux, un si léger sourire aux lèvres. Elle se souvint alors d'une conversation qu'elle avait surprise en pleine nuit, dans les couloir de l'école entre quatre filles, alors qu'elle faisait sa ronde. Ce qui était marrant, c'était qu'il y en avait une qui flashait sur Ulrich - la pauvre -, sur Dorian - la cinglée -, sur William Jonhson - un meilleur choix que les deux autres -, sur Caleb - ladite fille s'exposait à des risques de rejets brutaux et violents - et sur Will. Là par contre, c'était un mauvais choix. Surtout quand on sait que le dit choix avait rejoint sa petite-amie pour l'embrasser avec fougue. Hum... Quand je dis mauvais choix, je ne dis pas que Wilfried n'est pas bon ou quoi que ce soit d'autre, mais simplement que ces filles là n'ont pas choisi les meilleurs garçons. Soit il était pris, soit il était en passe de devenir célibataire, soit il était célibataire mais trop beau pour être abordable soit c'étaient deux véritables salauds. Bref, les choix étaient peut-être - et sûrement même - d'excellente qualité, mais ce n'était pas les bons garçons. Bref, toujours est-il que les filles disaient pourquoi elles flashait sur tel ou tel garçon. Ce qui avait fait sourire, c'était que celle qui était "raide dingue" de Will le trouvait bien musclé et bien en chaire... Mmh... Celle-là, elle avait des problèmes de visions. Mais, elle en était aussi venue à se demander si ces mêmes filles seraient capable d'endurer de lourds secrets de famille ? Auraient-elles supportés de voir leur petit-ami aussi maigre et de finalement continuer à vivre comme si de rien n'était, tout en prenant en compte ladite maladie ? Rebecca n'en était pas sûre. Non pas qu'elle se sente exceptionnelle ou unique. Quoi que chaque être vivant sur terre était seul et unique. Enfin bref ! Ils avaient quitté la fontaine pour aller au bar. Subir les regards du pervers et finalement s'embrasser à deux reprises, chacun des deux menant la danse au moins une fois. A la fin, Will s'était attaqué à son cou, en l'embrassant avec sensualité, avant de poser sa tête sur son épaule. Jusqu'à la question qui tuait. Enfin, au sens figuré du terme. Elle avait entendu sa propre voix, tremblante, décousue. Son propos était décousu parce qu'elle ne savait pas par quoi commencer, elle ne savait pas quoi dire. Lorsqu'il annonça le mot "mourant", elle fut prise d'un soubresaut de surprise, de douleur et là, il se rattrapa, en tentant de la calmer. Chose qu'elle eut bien du mal à faire. Elle releva la tête et déglutit péniblement :


    'Je... Je voudrais passer le reste de mes jours avec toi... Mais... Mais si jamais tu... J'ai peur de ne pas savoir comment réagir si jamais... Enfin... Tu dis que ce n'est pas grave... Mais, ça l'est... Enfin je crois... Je..."

    Il aurait peut-être mieux valu pour eux d'eux qu'ils n'aient jamais été voir Glenn. Aujourd'hui n'aurait pas été gâché. Elle ferma les yeux et inspira profondément : il fallait vraiment qu'elle se calme ! Au contraire ! Être allé voir Glenn lui avait permis de voir à quel point le monde de Will était froid, terne, ignoble. Elle inspira à nouveau profondément. Tout le contraire du sien. Ca allait faire un sacré choc, c'était sûr ! Will lui avait dit qu'il allait bien... Mais, c'était mentir parce qu'en ce moment-même, il faisait de la température. La prochaine fois, sérieusement, elle ramènerait tout un arsenal pour pouvoir réagir... Exagéré... Elle ne le ferait pas, c'était sûr, elle n'aurait jamais assez de place. Mais, c'était juste pour se calmer, pour essayer de retrouver une certaine constance. En vain... Il avait fallu que le jeune homme lui prenne le menton et l'embrasse avec douceur pour la détendre un tant soi peu, sans vraiment un bon succès. Lorsqu'il passa ses bras autour de ses épaules, qu'il posa son front contre le sien, elle sentit la chaleur qui émanait de son corps et elle se pinça les lèvres. Elle le sentit s'écarter et son coeur loupa un battement. Non... Elle le voulait contre elle et c'est pourquoi elle voulu se rapprocher. Mais, il lui mordilla les doigts avec douceur. Elle se détendit un moment avant que son pouls ne s'accélèrent, sous un effet de stress et qu'elle retire sa main. Elle allait pleurer et ne le voulais pas. Elle retint bien difficilement ses larmes mais une roula sur sa joue, en traîtresse. Elle lui avait dit que Lohelia serait d'accord. Et la Medicomage le ferait, même si ce n'était pas sa spécialité. Après tout, elle avait fait les mêmes études que les autres jusqu'à sa spécialisation. Elle regarda Will et souffla :

    "Je sais... Que tu ne m'abandonneras... Comme ça... Mais, j'ai quand même peur de te perdre..."

    Essayez de retenir votre respiration plus de dix minutes. Vous n'y arriverez pas, sous peine de vous tuer ou encore de vous évanouir par manque d'air. Eh bien pour Rebecca, se serait pareil. En s'imaginant tout les scénarii catastrophes possibles et inimaginables et essuya ses joues, en entendant le claquement des doigts de Will sur la table. Ne voyant pas qu'il était gêné, elle cru qu'il était en colère et lâcha un "désolée" confus. Elle continuait à s'essuyer les yeux, en évitant son maquillage. Elle ressortirait complètement défaite et ne le voulait pas. Mais, Will écarta ses mains et lui prit le visage en étau. La jeune fille aux pupilles bleu brouillé par la douleur de cette nouvelle subite, d'une peur déraisonnée, plongea son regard dans celui du jeune homme et ferma les yeux quand il l'embrassa sur le nez puis sur la joue, cueillant la larme qui roulait. Il sortir sa remarque et elle eut un léger sourire, annonçant alors un peu stupidement que c'était salé. Puis, elle lui avait demandé pour Petipa et se morigéna pour sa curiosité. Elle avait encore appuyé sur une corde sensible parce qu'un long, douloureux et pesant silence qui mit encore plus mal à l'aise la pauvre Stuart. Et là, ce fut... Un drame pour elle. Choquée par ce qu'elle venait d'apprendre... Elle ne bougea pas, laissant Will essuyer ses joues. Puis, sans raison, elle se leva brusquement, sa chaise raclant brutalement le sol. Son visage disparut derrière le voile sombre de ses cheveux bouclés. Elle regardait fixement le sol, les bras le long du corps et secoua la tête, pour se ressaisir. Elle ravala tout... Sa douleur, sa tristesse. Enfin, presque parce que quelques larmes silencieuses s'échappaient encore de temps à autre de ses yeux. Mais, elle voulait se montrer forte maintenant. Elle regarda Will et eut un demi-sourire gêné, avant de dire, lentement, pour ne pas hacher ses dires :

    "Je pourrais le voir un jour ?"

    C'était tout ce qu'elle était en mesure de dire et ce n'était déjà pas mal. Bien que pour elle, ce soit extrêmement dur de s'imaginer une vie entière cloîtrée derrière des rideaux. Son coeur battait douloureusement contre sa poitrine et elle inspira à nouveau profondément. Elle n'avait pas trop compris pourquoi elle s'était levée mais finalement, elle se rassit... Juste de manière à prendre son sac. Elle regarda Will et souffla :

    "Rentrons... Allons dans la Salle sur Demande... J'étouffe ici... On reviendra un autre jour mais là... Je ne peux pas... Et toi non plus..."

    Peut-être faisait-elle vaguement référence au fait que le visage de Will devenait dangereusement blanc genre cachet d'aspirine. Et puis, ses lèvres devenaient toutes bleues et elle ne voulait pas qu'il lui claque entre les doigt. Néanmoins, elle se rapprocha de lui et lui prit ses mains dans les siennes et entreprit de les réchauffer. Il était vraiment, mais alors vraiment frigorifié. Elle inspira profondément et eut un tout petit sourire. Un peu plus avenant cette fois mais toujours teinté de tristesse.

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Wilfried I. E. Wellington
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MessageSujet: Re: [30 Sept] Where streets have no name.   Sam 18 Oct - 16:22

Jamais. Jamais il ne la laissera tomber, jamais. Jamais. A aucun prix. Il serait qui, sinon, pour faire ça? Elle n’a avait pas le droit de croire qu’il la laisserait. Il ne la laisserait que si il ne voulait plus d’elle. Ce qui ne risque pas d’arriver de sitôt. Jamais. Il restera aussi longtemps que nécessaire avec elle, faisant fi des diverses divagations des Parques et des suppliques du Destin. Le Destin ne les séparera pas. De toute façon, ils sauront toujours se retrouver, quoiqu’il arrive. Comment pouvait-il lui dire? Laisser le serment qui lui brûlait les lèvres les franchir. Il aurait voulu lui dire des tas de mots, parfois les plus fous, parfois les plus romantiques, mans rien. Vide sidéral. Will n’avait jamais été doué pour la communication et les relations humaines en général. Bien qu’avec elle il avait tendance à se libérer, à s’affranchir des contraintes, Will gardait toutefois une certaine réserve, une certaine pudeur, à l’image de son père et, plus généralement, inhérentes aux gens issus du même milieu que lui. Si le dix-septième siècle avait été propice au libertinage et au badinage dans la noblesse, il n’en était pas de même de nos jours. Dans la pure tradition sorcière, il paraîtrait qu’on en soit de nouveau aux temps conservateurs. Stricts, bien structurés, ne tolérant pas la moindre anicroche. Mais les propos qu’il voulait tenir à Rebecca trottaient dans sa tête sans jamais s’extérioriser. Will n’était pas comme ça. Il avait été du genre à tout refouler sans jamais rien dire. Ne s’exprimant rarement, sauf si on le lui demande. Là, Rebecca voulait qu’il s’exprime, et il en était incapable. Pire que ça, il était silencieux et impuissant face aux larmes silencieuses de sa compagne. Il était tellement inefficace qu’il en aurait voulu se pendre. Surtout que c’était lui qui avait fait couler ses larmes, invoqué la peine dans son cœur. Il la regarda, puis il attrapa sa main, et la tapota doucement, ne sachant pas quoi faire d’autre. Rien à faire. Il était vraiment nul. Nul-de-chez-nul, même. Il se contenta juste de la regarder, l’air légèrement bêta, sans vraiment quoi faire. D’ailleurs, le pourquoi du comment lui échappait. C’est lui qui devrait pleurer, non? Le fait qu’elle inverse les rôles l’avait laissé perplexe. Il baissa la tête, et croisa ses mains. Son pied tapa nerveusement le plancher usé du bar. Il avait l’air d’avoir pris vingt ans, tout à coup. Sa moue rieuse, son visage jeune et enthousiaste était tout à coup terne, et las. Fatigué, aussi. Rongé par cette espèce de culpabilité sans nom qui coulait dans ses veines, le paralysant du même coup. C’était nul de ne pas savoir quoi faire. C’était encore plus nul de la regarder, comme ça, sans rien faire. Alors qu’il aurait voulu la prendre dans ses bras, l’embrasser jusqu’à en perdre haleine, lui murmurer que tout irait bien, à tout jamais. Résultat, il ne faisait rien, parce qu’insidieusement, faire la promesse que tout irait bien tout le temps serait en fait un mensonge. On ne pouvait pas jurer un truc pareil sans savoir quoi avant. Alors il se borna à la regarder. Finalement, il allongea le bras, et souleva doucement son menton pour la forcer à le regarder, droit dans les yeux. Il ne voulait pas dire grand-chose. Juste qu’il l’aimait. Son regard, d’ailleurs, lui disait « je t’aime ». Ce fut lui qui détourna le regard le premier. Il lâcha son menton, se frotta les tempes, et regarda autour de lui.

Ca s’était considérablement rempli, il n’y avait pas à dire. Il reconnut plusieurs personnes, et ça ne l’aida absolument pas à trouver quoi dire, ni quoi faire. Il avait écouté les monologues de Rebecca, attendant qu’elle finisse complètement, son visage se décomposant au fur et à mesure qu’elle laissait s’échapper les mots. Ce fut lui, cette fois, qui inspira longuement. Jamais quelqu’un ne se serait risqué à pleurer pour lui. Il avait toujours vécu dans l’indifférence générale, et là, Rebecca, sa Rebecca, pleurait parce qu’elle ne voulait pas le perdre. Il inspira profondément, une boule s’était logée dans sa gorge, et l’empêchait de déglutir correctement. Il chercha désespérément une goulée d’air, avant de replonger dans son immobilité, l’échine courbée, une mèche de cheveux blond vénitien tombant devant ses yeux verts. Agacé, il s’appuya sur ses coudes, croisa les jambes, les décroisa, tapota d’un main la table, avant de la reloger sous son menton, avec l’autre. Il émit un claquement de langue désemparé, et ferma les yeux, finalement. Bizarrement, l’air été chargé d’électricité, et ça n’avait rien à voir avec l’électricité sulfureuse qu’il y avait d’habitude quand ils étaient enfermés dans leur bulle. Là, actuellement, dans la bulle, il y avait cet espèce d’effet de serre qui n’était pas bon du tout. Vite, il fallait rattraper la situation avant qu’il ne soit trop tard. Will aurait très bien pu se rouler en boule dans sa coquille, tel un Bernard L’Ermite. Il aurait pu se fermer comme une huitre. D’ailleurs, en parlant de mollusque, en ce moment, Will se sentait vraiment…mollusque. Avec une intelligence avoisinant celle de ces invertébrés, incapable de trouver LE mot qui pourrait faire cesser ce déluge de larmes. Will se gratta furieusement les tempes, en se demandant vaguement ce qu’il avait bien pu faire dans la Tour d’Astronomie, dans une situation similaire à celle là. Sauf que là, Rebecca ne pleurait pas à cause de McEngel -sursaut de douleur- mais à cause de lui. C’était plus facile de jeter la pierre à quelqu’un d’autre, mais quand le fautif était nul autre que soi même, c’était sensiblement plus compliqué. Qu’elle se détrompe cependant. Will ne lui en voulait pas à elle proprement dit. Elle n’était pour rien dans tout ça. Certes, elle aurait pu s’abstenir de poser la question, mais lui aurait très bien pu ne pas lui répondre, pour l’épargner. Il avait annoncé tout ça cash, sans prendre de pincettes. Sa franchise pouvait parfois l’emporter sur la délicatesse et les euphémismes. Will s’en voulait à mort. Il était en colère contre lui. Il ne la méritait pas. Si McEngel était un salaud, lui, c’était un boulet. Ce qui n’était pas vraiment réconfortant comme idée, parce qu’au moins, les salauds, eux, on les aime, quand on ne les déteste pas. Il fallait voir Von Einhauer ou Anderson. Ils plaisaient parce qu’ils avaient une belle gueule. Et le restant? Bah, c’est pas compliqué, d’une, ce sont des adolescents dérangés par leurs hormones, de deux, ils ont du flan à la place de la cervelle. Et il ne disait pas ça parce qu’il ne les aimait pas tous les deux. Il suffisait de voir comment le premier avait réduit en charpie le cœur de la pauvre Evangeline, et comment le second osait accumuler les conquêtes. Honteux. Déplorable. Will n’accordait aucune attention à ce genre de personne. Leurs mœurs ne cadraient pas avec les siennes. Coucher à droite et à gauche. Non mais vraiment, pour qui ils se prennent, ces coureurs de jupons? Poudlard n’est pas un lupanar, à ce qu’il sache! Bref.

Pour en revenir à Evangeline, le sujet avait sûrement été glissé dans une ou deux conversations, au hasard d’une soirée. Et puis même, il y avait ces pies jacasseuses qui se permettaient d’étaler la vie de leurs condisciples sur le pavé de l’école. Parce qu’évidemment, une relation qui coule après deux ans, ça ne passe pas inaperçu. Quoique, au départ, les nouveaux couples étaient souvent lorgnés -à raison, il était bien placé pour le savoir-, puis après ils arrivaient à se fondre dans le paysage, à défaut de s’encastrer dans les murs. Will et Rebecca n’étaient pas du genre sangsues. Il n’étaient pas soudés par les lèvres perpétuellement. Pas comme les autres glandus, là bas, qui étaient en train de se bécoter depuis tout à l’heure. En colère, Will se mit à parier, cyniquement, sur la durée de leur couple. Ils n’allaient pas tenir deux mois comme ça. Oh, bien sûr, il ignorait ce qui pouvait bien les lier, mais il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour comprendre qu’ils allaient bien vite couler. Leur couple, mis à part la mièvrerie, ne dégageait absolument rien. Enfin, ils n’étaient pas eux, quoi. Will et Rebecca dégageaient cette impression d’unité presque parfaite. Il y avait un certain magnétisme dans leur façon d’être, l’un par rapport à l’autre. Ensemble, ils avaient un certain charisme. A la base, Will en avait, compte tenu de sa droiture, de sa stature, de sa fierté -je n’ai pas parlé des tocards qui se prenaient pour des gens importants alors qu’ils ne l’étaient pas- et aussi à cause de la réputation de sa famille. Un Wellington était charismatique. Et séduisant, bien que ce genre de séduction était fortement à éviter, quand on sait qu’ils savaient se faire l’avocat du diable. Et Will jugeait Rebecca tout à fait apte à endosser le rôle de son épouse. Ils étaient forts, à deux. Sauf que là, ils se sentaient un peu misérables. Surtout Will. Il s’en voulait, à un point pas possible. Il s’enlaça, avant de laisser retomber sur la chaise, les bras le long de son corps, raide comme un piquet. Il regarda Rebecca se lever, ahuri. Il baissa encore plus dans sa propre estime. En d’autres temps, il l’aurait attrapée au niveau des hanches, pour l’attirer contre lui. Il aurait posé sa tête contre son ventre, à défaut d’embrasser sa peau. Sauf que là, ce n’était même pas la peine d’y penser. Elle finit par se rasseoir. Will aurait tellement voulu la prendre sur ses genoux, pour la serrer fort contre lui, mais il avait l’impression que ses bras avaient été forgés dans du plomb, si bien qu’il ne bougea pas d’un millimètre. Il but la dernière gorgée de bieraubeurre, alors qu’elle se relevait, annonçant qu’elle voulait partir. Will hocha la tête, mécaniquement, alors qu’elle prenait ses mains dans les siennes, pour les réchauffer légèrement. Will baissa la tête, puis, obéissant à une impulsion, il la prit dans ses bras, avant de la serrer, comme il avait voulu. Ses mains remontèrent dans son dos, avant de soulever doucement ses cheveux. Il caressa du bout des doigts sa nuque, et nicha son visage dans son cou. Il vérifia qu’il n’avait rien oublié, puis, il remit son manteau.

Il s’aperçut, à son grand déplaisir, qu’il pleuvait des trombes d’eau. Ce qui expliquerait sûrement pourquoi les Trois Balais connurent une forte influence, soudainement. Will se dépêtra de sa veste, et il l’étendit au dessus de leurs têtes, alors que le vent hurlait sa rage contre eux, trempait malgré tout ses cheveux, sa chemise, son pantalon. Ils allaient être trempés en arrivant, dégoulinants de flotte. Il détestait quand ses chaussettes étaient trempées, et à force de courir dans les flaques d’eau pour atteindre plus rapidement la sortie du village, pour sûr que ça n’aidait pas. Il jeta un coup d’œil au muret, presque nostalgique des brefs instants qu’il avait passés avec elle avant que la sortie ne tourne au désastre. Alors, il s’arrêta, la retenant par le bras. Il aimait l’odeur de la nature sous la pluie. Le garçon passa sa veste autour des épaules de sa copine -lui, il était déjà fichu, mais il pouvait au moins l’empêcher de tomber malade- et il l’attira contre lui, comme un naufragé s’accrochant à son rafiot pour ne pas sombrer dans les eaux déchaînés. Il se pencha au dessus d’elle, avant de l’embrasser, avec l’énergie du désespoir. Encore un truc qu’il avait envie d’essayer, sans doute son côté trop fleur bleue qui ressortait. Tout ce qu’il aurait voulu lui dire s’exprimait à travers ce baiser qu’il lui donnait, faisant royalement fi des éléments qui se déchaînaient. Ils seraient trempés jusqu’aux os, mais qu’importait-il, dans le fond? Ce qu’il voulait, là, maintenant, c’était de goûter à nouveau à ses lèvres, à les posséder, même, embrassant la jeune femme comme jamais il ne l’avait embrassée, approfondissant leurs échanges, alors qu’il la serrait contre lui, avec la même ferveur qu’il avait pensé « jamais », tout à l’heure. Jamais il ne la laisserait. Jamais. Il se souvint alors que Rebecca avait demandé à voir Petipa, tout à l’heure. Will la regarda, prit son visage entre ses mains, puis murmura.


Il faut que tu viennes chez moi, un de ces quatre. De toute façon, je ne pourrai jamais être trop longtemps être loin de toi.

Puis, il lui offrit un autre baiser, plus tendre, plus doux, cette fois. C’était un moyen détourné de dire qu’un jour, elle pourra voir Petipa. Le garçon sera content d’avoir de la visite. Une si charmante visite, pensa son grand frère, tout en soulevant les cheveux -mouillés- de sa compagne. Il fit une légère moue en voyant sa si belle coiffure mise à mal par les trombes d’eau qui se déversaient sur eux.

Je suis désolé, pour tes cheveux. C’est dommage, ça t’allait bien.

Il noua ses doigts aux siens, avant de l’entraîner vers le château. Sitôt qu'ils furent arrivés, il la fit monter sur son dos. La première fois, il vacilla en arrière. Non que Rebecca soit excessivement lourde -c'était tout le contraire- mais le Serdaigle avait du mal à tenir sur ses deux pieds en temps ordinaire. Ils montèrent ainsi les étages, alors que l'éclat de leurs rires résonnaient dans l'architecture médiévale du château, accordant tout de fois un peu de légerté après ce moment passablement éprouvant.


[Terminé pour ma part ^-^Je te laisse répondre dans la Salle sur Demande, je crois qu'elle est quelque part au quatrième étage xD Je te laisse faire la description du lieu, et tout. Désolée pour la dernière phrase trop pourrie, je n'ai jamais été douée pour les chutes --']

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