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 Chante petit oiseau

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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Chante petit oiseau   Lun 11 Aoû - 5:27

Cela semblait être une mode en ce moment que de demander des rendez-vous sans donner d'explications. Il y avait eu les Taliesin qui heureusement étaient justifiés par la maladie d'Eirwen, et maintenant la famille Wagner/Hollister qui voulait aller le voir chez lui.

Ce n'étaient pas dans les habitudes de Cennyd de céder à l'ennemi mais il fallait avouer que la curiosité était très forte. Pour commencer, il ne savait pas qui de Prosper ou de Klarissa allait venir jusque dans son antre. Le message n'était pas très clair la dessus même s'il était visible que c'était le Nul qui s'était occupé de la rédaction. Sa suffisance transparaissait dans les lignes et on reconnaissait son style. Mais il n'y avait ni explication, ni raison, ni même sous entendu exploitable. Visiblement Prosper avait parié sur la curiosité du professeur de métamorphose et pour une fois il ne s'était pas trop trompé. Cela dit, Ced en voulait énormément à Prosper de cette petite victoire et se préparait plus ou moins à le casser en règle.

L'inimité entre les deux sangs purs ne s'était en effet pas arrangé avec le temps. Les femmes, la politique, leurs convictions, leur vie enfin tout semblait s'arranger pour les dresser l'un contre l'autre et attiser la compétition entre leurs familles. Ced détestait le Nul au moins autant que Majandra ou feu son Oncle. Ses sentiments pour Klarissa, par contre, étaient beaucoup moins tranchés. D'abord c'était une femme, belle qui plus était ou qui l'avait été car ce n'était pas le souvenir d'une beauté qu'il avait lorsqu'il repensait à l'enterrement du bâtard. Ensuite elle était impure et la femme d'un oncle détesté. Sans parler de sa parenté avec le piaf. Enfin, c'était la mère d'Anwen qui elle aussi inspirait beaucoup de choses (et leurs contraires) au jeune noble. Si elle se présentait, il ne saurait pas trop comment réagir. Mais c'était peu probable. La mort de Cadfael avait détruit Klarissa à ce que l'on disait. Il ne risquait donc rien. Non, ce devait être Prosper. Le mangemort et sa morgue, son assurance et son peu de répartie. Ils allaient pouvoir rigoler… et savoir une fois pour toute lequel des deux tuerait l’autre. Que le bon Lord le leur pardonne. Leur haine n’avait rien de politique. Ce n’était tout de même pas de la faute de Cennyd si les mangemorts étaient tous des idiots congénitaux et insupportables… si ?

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Prosper Wagner
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Lun 11 Aoû - 10:20

Un matin de la semaine dernière, alors que Wagner s’attendait à une journée aussi ennuyeuse que les autres, le Maître l’avait fait appeler. Une mission lui avait été confiée et, après s’être fait honteusement humilié par le Seigneur des Ténèbres, le Mangemort avait quitté le Ministère en furie. Il avait envie de tuer et pourtant ne s’était contenté que d’un verre de vodka en revenant. Eileen avait joué les gentilles petites épouses, avait acquiescé à toutes les demandes de son mari et s’était assurée que les enfants restaient à l’étage, pour éviter de déranger Prosper qui était vraiment d’humeur à détruire tout sur son passage. Vers midi, il s’était enfermé dans son bureau et six heures plus tard, il en était ressorti avec une idée. Son plan serait bientôt sur pied. Comme il était plutôt de bonne humeur –son alcoolisme goût prononcé pour l’alcool y étant pour beaucoup- il dîna avec sa famille, surveilla un peu les enfants pendant qu’Eileen allait faire de la lessive avec sa jeune cousine, puis –après avoir soigneusement confié sa petite princesse à Mathilde- retourna dans son bureau.

Lorsque le soleil se leva le lendemain, Prosper avait en main le plan…le plus débile de l’histoire des serviteurs du Seigneur des Ténèbres. Et pourtant, il était convaincu que cela pouvait marcher. Il s’assura qu’il avait encore une ration suffisante de Polynectar, puis envoya une missive à sa cousine disant qu’Eileen irait lui rendre visite le jour suivant. Elle serait seule avec les garçons. Pendant ce temps, l’homme avait l’intention d’envoyer l’elfe lui sortir les boîtes contenant ses souvenirs; il profiterait aussi de ce temps pour aller revisiter sa mémoire par le billet de sa petite pensine. Il avait absolument tout prévu. De son écriture la plus formelle, il adressa un parchemin à Cennyd McAyr pour le prévenir, sans préciser qui du clan Hollister/Wagner se pointerait chez lui. De toute façon, aux yeux de tous, le Mangemort n’avait strictement aucune raison de se rendre chez son rival, non ?

Le jour J était arrivé plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Il avait sorti la robe empruntée à Klarissa par l’intermédiaire d’Eileen, chaussures assorties et avait averti son épouse qu’il tentait une expérience hautement dangereuse. Lorsque tout avait été prêt –fioles de Polynectar comprises- il avait bu la potion. L’horrible mixture avait toujours ce goût ignoble et, même si elle était pour la bonne cause, la transformation n’avait absolument rien d’agréable. Mais il avait enduré pire. Une fois la métamorphose achevée, Prosper s’était observé dans le miroir.


« Tu n’as jamais eu aussi bonne mine, chère cousine… », avait-il murmuré en esquissant un sourire en coin.

Il avait revêtue la robe de Klarissa, une robe longue noire qu’il n’avait pas vu depuis au moins dix ans. Il avait ensuite réussi à mettre –avec difficulté, certes- une babiole en argent dans ses cheveux maintenant longs et presque noirs. Wagner enfila ensuite les chaussures et s’observa de nouveau. Décidément, ce plan était de plus en plus ridicule. Pourquoi n’avait-il pas voulu faire confiance à ses talents de persuasion ? Pourquoi devoir se changer en Klarissa pour effectuer sa mission ? La réponse était évidente, bien entendu. Entre Klarissa et Prosper, la femme était certainement plus la bienvenue chez McAyr. Justement parce qu’elle était une femme et, accessoirement, parce qu’elle faisait partie de la famille. Malheureusement, alors qu’il s’étudiait dans tous les angles, Prosper se rendit compte qu’il avait fait une erreur. Sa cousine était peut-être une pauvre femme de trente-huit profondément déprimée, elle ne se permettrait jamais de se rendre chez Cennyd sans être convenablement…maquillée. Il monta rapidement une excuse, transplana devant sa propre porte, cogna, avoua à Eileen avoir rendez-vous avec un ‘ami’ et être incapable de se maquiller convenablement. Quinze minutes plus tard, ‘Klarissa’ quittait la maison.

Elle…Enfin, il se retrouva devant le manoir Gynn Ap Nudd en deux temps, trois mouvements et s’approcha de la porte avec hésitation. Non pas par manque de confiance, mais n’oublions pas que Prosper n’avait jamais, ô grand jamais, porté de chaussures féminines avant aujourd’hui. Donc. Klarissa Prosper s’assura une dernière qu’elle il avait tout ce dont elle il avait besoin, puis frappa trois coups sur la grande porte, tentant de faire disparaître ce qu’elle il pensait réellement : soit, qu’un idiot comme McAyr ne méritait pas tout ce luxe. Elle Il espérait que tout serait parfait. Non, il n’espérait pas. Il savait.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Mar 12 Aoû - 16:13

La lettre en main, assit dans la bibliothèque face à une cheminée éteinte, Cennyd relisait le petit mot. Formel à souhait, presque offensant par sa froideur et son côté hautain. Le délais était court. Que s'était-il passé pour que ce clan le recontacte soudain ? Il n'y avait pas eu d'échange depuis... oh, depuis toujours en fait. Les souvenirs revenaient en force tandis que le jeune noble attendait la famille de sa tante par alliance. Lorsqu'il était adolescents, il n'avait pas prit la peine de connaître cet oncle maudit et ses proches. Cadfael avait fait quelques ouvertures discrètes qu'il avait fait bien attention de ne pas voir, il avait aperçu sa veuve en larmes a l'enterrement ainsi que sa cousine, encore tout bébé à l'époque, et enfin il avait fait une première ouverture pour l'anniversaire de la gamine. Les choses pour le moment en étaient restés la. Il observait Anwen sans lui parler de leurs liens familiaux et évitait les contacts avec le Nul au maximum.

Cennyd leva nerveusement la tête vers les rayons chargés de lourds volumes aux odeurs aigre-douce. Il n'aimait pas la couleur des reliures, méprisait les taches d'encre, était insensible à la douceur d'un papier de bonne qualité et se sentait toujours mal à l'aise dans les bibliothèques. Mais il était coutumier d'y recevoir les invités aussi avait-il prit sur lui pour tout préparer dans cette pièce maudite. Devant le foyer éteind, le service à thé en argent de la famille trônait sur une petite table. Il y avait du café dans la théière et seulement du sucre dans le sucrier. Lait, chocolats et biscuits étaient aux abonnés absents. Cadfael n'était plus et Ced n'était absolument pas comme son idiot d'Oncle. Il n'avait utilisé cette vaisselle que pour déstabiliser l'invité. Car, et c'était là l'une des plus grande faute du clan Wagner/Hollister, le Nul et sa cousine avaient été très proches du bâtard.

On frappa à la porte. L'elfe apparut alors dans la bilbiothèque, interrogeant son maitre du regard. Ced le regarda avec un mépris a peine dissimulé. C'était toujours le même elfe, celui qui n'avait pas de nom. C'était pratique tiens.


"Alors, tu vas ouvrir stupide créature ?"

L'elfe blêmit mais se souvint de son "éducation". Il se punirait de sa faute plus tard, dans ses quartiers et lorsqu'il n'y aurait personne pour l'entendre. En attendant, il se rendit à la porte et l'ouvrit, s'inclinant bien bas devant le sorc... la sorcière.

"Mon maître attend Madame dans la bilbiothèque. L'elfe va conduire Madame. Si Madame veut bien me suivre. L'elfe peut-il prendre le manteau de Madame ?"

Il avait reconnu Klarissa mais quelque chose ne lui semblait pas correct, comme s'il y avait une sorte de brouillard et qu'on sentait un homme derrière. Heureusement pour Prosper, l'elfe avait un bon souvenir de Klarissa et n'aimait pas du tout Cennyd aussi joua-t-il le jeu correctement. Il était obligé d'obéir mais on ne pouvait lui reprocher de ne pas prendre d'initiatives. Tant pis pour son maître.

Avec une nouvelle courbette, la créature guida Prosper vers la bibliothèque, ouvrit la porte et annonça Klarissa à Cennyd. Posant sa lettre, le professeur de Métamorphose se leva avec un sourire de circonstance et ouvrit les bras en un geste de bienvenue un rien théatral. Ses yeux brillaient d'amusement. Il préférait mille fois sa jolie et impure cousine au Nul. Au moins le manoir ne risquait pas de prendre feu, Klarissa ne ferait jamais rien pour détruire quelque chose qui avait appartenu a son cher époux. Surtout qu'il avait plus ou moins sa fille en otage.


"Bienvenue ma tante, vous avez fait bon voyage ?"

D'un geste très Starkien, il lui indiqua un fauteil et s'assit a son tour dans celui d'à côté. Il avait oublié a quel point elle était belle. Cheveux bruns et sombres, réhaussés par une babiole d'argent de travers, longue robe noire, simple mais très classe... et un maquillage enfantin qui ne lui ressemblait pas tellement. Dans ses souvenirs, la demi-sang se maquillait avec plus de caractère et des couleurs plus franches. Enfin peut-être avait-elle changé de style.

"J'avoue que je suis très surprit de votre visite. Vous voulez me demander quelque chose concernant votre fille je suppose ? Je suis a votre disposition mais je dois malheureusement vous informer que je ne ferais aucune exceptions, même pour une femme aussi belle que vous."

Il porta sa tasse de café bien noir a ses lèvres sous les yeux réprobateurs de son grand père paternel et fixa son regard d'acier sur sa tant pour tenter de pénétrer l'esprit de la jeune femme et de connaitre ses motivations...

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Prosper Wagner
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Mer 13 Aoû - 5:24

Alors qu’il attendait patiemment qu’on vienne lui ouvrir, Prosper révisa son plan. Premièrement, il devait jouer Klarissa de façon convaincante, on ne devait pas soupçonner quoi que ce soit. Dès qu’il serait entré, il devait trouver le moyen d’atteindre son but. Le Maître avait dit que le tableau se trouvait dans une chambre condamnée, la première porte à gauche en entrant. En principe, il lui suffisait de trouver une excuse pour fausser compagnie à McAyr et s’introduire dans la pièce. Il n’aurait plus qu’à voler le tableau. Jouer les veuves épleurées ne devait pas être bien difficile… Mis à part peut-être pour se mettre à sangloter, parce que Wagner n’y arriverait pas. Pendant qu’il réfléchissait au meilleur moyen d’incarner correctement Klarissa, la porte s’ouvrit sur un elfe de maison qui s’inclina avant de prendre la parole.

« Mon maître attend Madame dans la bibliothèque. L'elfe va conduire Madame. Si Madame veut bien me suivre. L'elfe peut-il prendre le manteau de Madame ? »

Prosper fixa la créature un moment, comme s’il ne se sentait pas concerné. En vérité, il ne s’était pas encore fait à l’idée qu’il était présentement une femme. L’elfe non plus ne semblait pas totalement convaincu. Ah fichus elfes difficilement bernés par des stratagèmes sorciers…Le Mangemort fit comme si de rien n’était et enleva son manteau avec une délicatesse féminine qui lui était jusqu’alors inconnue. Avec beaucoup de classe, il suivit l’elfe qui ne semblait pas avoir de nom, puisqu’il se désignait lui-même comme ‘l’elfe’, tout simplement. Il prit bien soin d’observer les environs en chemin, pour se retrouver lorsqu’il devrait revenir sur ses pas. Même si le manoir était de taille, la route empruntée semblait plutôt simple et Wagner ne craignait pas de se perdre. De toute façon, il ne pouvait pas se permettre d’échouer. Plutôt mourir que de revenir bredouille. Il fut finalement annoncé à Cennyd et entra dans la bibliothèque. Bien entendu, il laissa courir son regard sur les rangées de livres, toute cette connaissance gaspillée.

« Bienvenue ma tante, vous avez fait bon voyage ? »

Prosper posa son regard sur Cennyd et se força à afficher un sourire qui se voulait aimable. Il aurait dû suivre un cours 101 de ‘comment être agréable avec ses pires ennemis’. Parce que ce ne serait pas très sérieux de le mettre K.O. avant d’aller chercher ce dont il avait besoin. Il devait rester calme et jouer les femmes. Il acquiesça doucement d’un signe de tête, incapable de dire quoi que ce soit, puis accepta en silence de s’asseoir. Merlin. S’asseoir. Il s’avança lentement, en calculant ses pas et s’installa avec précaution. Il lissa nerveusement sa robe puis croisa les jambes comme il avait vu ses amantes le faire de nombreuses fois. À bien y réfléchir, sa femme s’assoyait rarement. Il la voyait souvent debout à faire la vaisselle, debout à faire la lessive, assise à même le sol pour jouer avec les garçons, agenouillée pour nettoyer le plancher, mais elle n’avait que très peu de temps pour s’asseoir comme une dame.

« J'avoue que je suis très surpris de votre visite. Vous voulez me demander quelque chose concernant votre fille je suppose ? Je suis à votre disposition mais je dois malheureusement vous informer que je ne ferais aucune exception, même pour une femme aussi belle que vous. »

Prosper serra discrètement les dents, pris de nausées. Il aurait dû se douter de ce genre de propos avec McAyr. Sa cousine était effectivement bien jolie et il avait autrefois tenu le même genre de discours à Klarissa…autant qu’à Teresia. Il se devait de prendre ceci comme un compliment, parce que Klarissa l’aurait fait. Et puis, cette discussion lui donnerait l’occasion de mettre son grain de sel dans l’éducation de la petite Anwen. Il replaça une mèche de ses cheveux, puis prit la parole.

« En effet, je suis ici à propos d’Anwen… », commença-t-il lentement. « Je ne m’attends pas à une quelconque faveur de votre part, en vérité, je… »

Il hésita un instant.

« J’aimerais m’assurer qu’Anwen travaille comme il se doit. Elle est parfois un peu turbulente et je serais profondément déçue si elle commençait mal sa première année… »

Parler de sa nièce était une bonne idée finalement. Bien que s’il avait été lui-même, il aurait plutôt demander si Anwen faisait tous les efforts nécessaires et, malgré qu’il n’attendait pas grand-chose de cette gamine, aurait dit qu’il aurait été profondément…enragé si elle n’avait pas fait honneur à sa famille. Malgré son nom, elle appartenait aux Hollister et par extension, aux Wagner qui s’occupaient des finances du reste de la famille. Cette fillette devait donc être la meilleure. Prosper avait devant lui une heure pour discuter. Il quitterait ensuite la pièce avec n’importe quel prétexte, reprendrait une dose de Polynectar, s’emparerait du tableau et tenterait de mettre rapidement fin à la rencontre.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Lun 18 Aoû - 5:16

Il y avait quelque chose d'étrange dans l'air. Pas la tension après tout normale en de telles circonstances - Klarissa et Cennyd ayant prit bien soin de s'éviter par le passé. Pas non plus l'attitude étrange de la jeune femme puisqu'on pouvait la mettre sur le compte du stress, du chagrin, voire des deux, ni même le sujet de conversation qui ne requérait pas une telle hâte mais quelque chose d'indéfinissable. Comme une envie folle d'assommer la jeune femme.

Cennyd fixa un moment le fond de sa tasse, et réfléchissant à son problème. Il était évident que Klarissa ne lui donnait pas la bonne raison de sa présence. Demander des nouvelles d'Anwen aurait pu se faire simplement par écrit sans prendre le risque de venir jusque dans son antre. Et Prosper n'avait aucun intérêt là dedans. Ce n'était pas son genre de rendre service par pure bonté d'âme, il devait donc y avoir autre chose.
La première pensée de l'ancien auror fut une attaque mais il écarta bien vite cette idée. Le Manoir était trop bien protégé pour risquer de se faire prendre. Surtout avec un stratège aussi pourri que Prosper aux commandes. L'assassinat était également hors de question ou il serait déjà mort. A ses yeux, Klarissa n'avait pas le courage de tuer quelqu'un de ses propres mains. Elle était trop contaminée par le bâtard.


"Je vois... "

Lui aussi parlait lentement, cherchant ses mots et retournant ceux de son interlocutrice dans tous les sens. Il manquait singulièrement de formation en interprétation de conversation et s'il était toujours persuadé d'être en face d'un piège - très mignon soit dit en passant, il ne voyait toujours pas lequel.

"Anwen manque de discipline, de travail, de rigueur et d'intelligence. Ce n'est jamais agréable pour une mère d'entendre ce genre de jugement, ma tante, mais, par respect pour le lien qui nous unit, je me dois de vous parler sincèrement. Il semble qu'elle ai prit le même gène que votre cousin pour les remarques idiotes et le manque de self contrôle. Toutefois, il semble qu'elle ait hérité le don des Stark en ce qui concerne ma matière. Tout n'est donc pas encore tout à fait perdu même si je vous avoue sincèrement que j'ai peu d'espoirs."

Il vida sa tasse d'un trait, ses yeux d'acier fixés sur les courbes de la jeune femme, posa la porcelaine sur la petite table et se leva brusquement. Sans jamais lui tourner le dos, Ced s'approcha du fauteuil ou était assis celui qu'il prenait pour sa tante, tourna deux fois autour, puis s'assit sur l'accoudoir, jouant avec la mèche qu'elle avait replacé en début d'entretient. Il pensait bien que Klarissa serait furieuse de ce jugement sur sa fille mais elle ne devait pas s'attendre à autre chose. Cennyd avait pour habitude de faire plier les faits à sa volonté. Sans bouger ni parler, son sourire moqueur toujours affiché sur ses lèvres, il laissa agir son charme un moment puis reprit la parole.

« Mais trêve de tergiversation ma belle, dites moi vraiment pourquoi vous êtes venue et l’on verra si j’accepte de vous satisfaire… »

Il laissa passer un nouveau silence, curieux de voir l’expression qui allait se peindre sur le visage de sa proie. Du mépris ? De la colère ? Ou bien de la résignation ? Il ne s’attendait pas à du désir ou de l’amour, il n’était pas aveugle a ce point. Sans compter que séduire les restes de son Oncle n’avait rien de réjouissant. Mais il voulait punir Prosper de n’avoir pas osé venir lui-même. Il avait beau savoir que le nul était un trouillard, il ne pouvait pas s’empêcher d’être déçu. Cette épave, à peine l’ombre de ce qu’elle avait été, n’était pas un défi à sa hauteur…

« Saviez vous qu’Anwen se ballade tout le temps avec la poupée que je lui ai offerte ? Il semblerait que mon cadeau ait encore plus de succès que je ne l’avais escompté. »

Parler d’Anwen était à la fois rassurant et dangereux. Et si… non, ils ne pouvaient pas savoir pour l’héritage. Klarissa n’était pas du genre à penser a ces trucs là, quand à Prosper, il n’avait aucun moyen d’être au courant. Et puis rien ne disait qu’Eirwen ne lui donnerait pas un vrai héritier. Il n’avait rien à craindre. Au contraire, c’était à Klarissa et à tout le clan de trembler devant lui !

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Prosper Wagner
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Ven 29 Aoû - 14:10

Cette mission semblait très bien se dérouler. Tout allait vraiment pour le mieux jusqu’à maintenant et Prosper était confiant. Très confiant. Il ne décevrait pas le Maître, pas cette fois. Il mènerait à bien sa mission, il lui suffisait de réfléchir au comportement de sa cousine lorsqu’il allait lui rendre visite. Cela faisait longtemps qu’elle avait cessé de se tenir impeccablement droite et fière. Elle paraissait parfois nerveuse, voire même soucieuse. Elle semblait souvent préoccupée. Il n’avait qu’à faire la même tête pour que tout aille à merveille. Le seul sujet de conversation qu’il put aborder fut la scolarité de sa nièce, parce qu’il ne se voyait pas inventer une excuse bidon pour récupérer le tableau. Pas tout de suite. Il devait jouer Klarissa de façon assez convaincante pour obtenir la confiance de Cennyd, il pourrait ensuite réfléchir à la meilleure façon de voler le portrait.

« Je vois… »

Il paraissait réfléchir, chercher…Sentait-il quelque chose d’anormal ? Peut-être Prosper n’était-il pas assez convaincant encore dans le rôle de sa cousine ? Il se crispa légèrement en attendant les paroles de McAyr.

« Anwen manque de discipline, de travail, de rigueur et d'intelligence. Ce n'est jamais agréable pour une mère d'entendre ce genre de jugement, ma tante, mais, par respect pour le lien qui nous unit, je me dois de vous parler sincèrement. Il semble qu'elle ait pris le même gène que votre cousin pour les remarques idiotes et le manque de self contrôle. Toutefois, il semble qu'elle ait hérité le don des Stark en ce qui concerne ma matière. Tout n'est donc pas encore tout à fait perdu même si je vous avoue sincèrement que j'ai peu d'espoirs. »

Oh le sale…hmpf…Il paierait. La vengeance arriverait bien assez tôt. Et puis, pfff, il ne faisait pas de remarques idiotes et ne manquait pas de self-control. La preuve, son visage ne refléta même pas sa frustration et il se contenta de baisser les yeux comme une mère dépitée. Anwen était à Gryffondor aux dernières nouvelles, normal qu’elle soit aussi dissipée. Elle avait toujours été turbulente, à grimper dans les arbres avec Nathael plutôt que de jouer calmement avec les plus jeunes. Voilà pourquoi il ne pouvait pas la laisser approcher sa petite princesse chérie. Elle la blesserait certainement avec sa maladresse. Precious était trop fragile pour jouer avec une fillette aussi brutale. Même s’il devait jouer les mères déçues, il y avait certains propos tenus par Cennyd avec lesquels il était d’accord. Anwen manquait effectivement de discipline, de travail, de rigueur et d’intelligence, mais si elle faisait des remarques idiotes, ça n’avait rien avoir avec lui ! Prosper releva lentement les yeux vers Cennyd, au moment où il se levait. Il s’approcha alors, tourna autour du fauteuil et s’installa sur l’accoudoir avant de se mettre à jouer avec une mèche de ses cheveux. Par Morgause, par Morgane, et par Mordred, par Merlin, par…tous les mages existants ! Qu’est-ce qu’il fichait là ? Pour qui se prenait-il ?!

« Mais trêve de tergiversation ma belle, dites moi vraiment pourquoi vous êtes venue et l’on verra si j’accepte de vous satisfaire… »

Q-Quoi ? Ce fut tout d’abord un dégoût non dissimulé qui s’afficha sur le visage de cette Klarissa. Prosper prit une grande inspiration et pinça les lèvres; voilà, s’il avait cru vivre son pire cauchemar un jour, il aurait décliné cette mission. McAyr en train de tenter de le séduire. Horrible. Mais au fond, peut-être était-ce là une chance de prendre avantage sur lui. Il n’arriverait pas à ses fins, premier point. Prosper n’était pas Klarissa et il préférait passer mourir dans d’atroces souffrances plutôt que de laisser cet idiot s’approcher un peu plus. Il avait sa baguette pas loin et si McAyr insistait, il lui montrerait de quoi il était capable. Klarissa n’était pas vraiment violente, mais lui, oui. Et malgré sa nausée présente, il n’aurait aucun problème à lui déclarer la guerre.

« Saviez vous qu’Anwen se ballade tout le temps avec la poupée que je lui ai offerte ? Il semblerait que mon cadeau ait encore plus de succès que je ne l’avais escompté. »

Ah oui, cette poupée…C’était bien la seule chose distinguée qu’elle possédait cette petite. Precious en avait des dizaines bien entendu, mais une était déjà un début…Par contre, Anwen discutait avec cette poupée comme avec une amie et, ça, c’était ridicule.

« Premièrement, McAyr, je vous demanderais de…de… »

Jouer les femmes mal à l’aise, première étape. Il fallait lui laisser croire que le fait qu’il soit proche soit séduisant et pas dégoûtant.

« Je ne suis pas très à l’aise avec notre…proximité...Pour ce qui d’Anwen et…de sa poupée…Elle l’aime effectivement beaucoup. Elle est persuadée qu’il s’agit de sa meilleure amie et...à vrai dire, cela m’inquiète un peu. J’espère au moins qu’elle se fera de vrais amis à Poudlard. La socialisation est importante dans son éducation…Je m’en veux un peu de nous être recluses durant des années… »

N’importe quoi. Klarissa semblait presque fière de vivre dans son coin perdu. Certes, elle avait là une bien jolie propriété, mais vivre en marge de la société était mauvais pour la petite, elle ne risquait pas de se faire des amis ainsi.

« J’avoue que ce que j’entends d’elle ne me plaît pas…Mais me mentir n’aurait pas été bien mieux j’imagine…Si elle manque de…tout ce que vous avez nommé, j’espère que Poudlard l’aidera. Il n’y a peut-être pas beaucoup d’espoir à avoir face à cette hypothèse, de votre point de vue du moins, mais ma fille n’est pas un cas désespéré… »

C’était finalement plus facile qu’il ne l’aurait cru, d’être Klarissa. Il lui suffisait de dire le contraire de ce qu’il pensait pour la plupart du temps, ou d’imaginer que l’on disait ces choses à propos de sa petite Precious. Le premier qui l’insultait n’aurait même plus la capacité de s’excuser.
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Jeu 4 Sep - 21:09

Prosper avait très bien choisit sa méthode. Cennyd ne connaissait pas du tout Klarissa et était donc incapable de prévoir son comportement ou de trouver quelque chose étrange. Certes, c'était sa tante d'une certaine façon mais le Sang Pur avait totalement éradiqué la branche bâtarde de sa famille et ne se sentait donc aucune obligation, aucun lien de sang entre Klarissa et lui. S'il avait accepté l'entrevue, s'il acceptait encore de jouer le jeu de Prosper, c'était d'abord par curiosité, ensuite par amour du jeu et enfin parce qu'il s'en fichait pas mal. Il n'avait pas l'intention de lui donner ce qu'elle voulait. Pas sans une certaine contrepartie tout du moins. Mais il voulait a tout prix savoir ce que Prosper pouvait bien lui vouloir. Car à ses yeux, la jeune femme n'était que l'envoyée du Bleu.

Pour le moment ils parlaient d’Anwen. Sujet dont, il fallait bien l’avouer, Cennyd n’avait absolument rien à faire. La demoiselle deviendrait digne de son rang futur ou ne survivrait pas. Il ne lui laissait pas le choix et ne lui demandait pas sa permission. Le sang impur qu’elle portait en elle pourrait, à la rigueur, se diluer avec les années mais il fallait avant qu’elle apprenne le décorum et la métamorphose. Pour ce dernier point, il y veillerait personnellement. Klarissa ne nia d’ailleurs pas ses accusations, se contentant de baisser les yeux. C’était le moment rêvé pour enfoncer le clou.


« Je ne saurais que trop vous conseiller de l’éloigner de Wagner. Elle semble très influençable et facilement éparpillée, je ne voudrais pas qu’elle prenne de mauvaises habitudes à son contact. Sa famille a beau être d’une pureté relative, il n’empêche qu’il se conduit avec moins de tenue que le cracmol le plus bouseux du Pays de Galle. »

Et comme toujours et sans prévenir, il passa de l’insulte à la séduction. Il voulait déstabiliser Klarissa. La mettre en colère, la faire sortir de ses gonds mais tout en gardant sur elle un certain contrôle. D’abord parce qu’il adorait contrôler, tenir les femmes dans ses mains, les sentir vibrer sous ses paroles, se regards ou ses caresses. Ensuite parce qu’il était terriblement curieux mais ne voulait pas le montrer.
La femme du bâtard était une femme faible, cela se voyait du premier coup dans l’affaissement des épaules, le choix des mots et les moments de silence durant lesquels elle semblait réfléchir. Elle avait besoin d’être dominée, domptée, comme toutes les femmes le voulaient inconsciemment. Elle était jolie en plus. Peut-être la ferait-il payer sa demande de ses charmes. Juste une fois. Juste pour une nuit. Et lorsqu’elle serait totalement dépendante, la rejeter dans sa misère et sa solitude. Oui, ce serait une jolie vengeance posthume contre celui qui l’avait condamné à grandir sans son père.

La réaction de la jeune femme était prévisible mais une étincelle de doute vint germer dans son esprit en entendant le nom qu’elle lui donnait. Il n’y avait que le Nul pour articuler ce mot avec tant de … nullité. Il ne pensa pas au polynectar mais l’impérium lui vint immédiatement à l’esprit. Sans prêter attention aux paroles de la jeune femme, il lui prit le menton dans la main et la regarda droit dans les yeux, essayant de repérer le plus petit signe de possession. Il avait été auror mine de rien et avait apprit a déjouer ce genre de piège.

Dans les yeux de la jeune femme, il lut beaucoup de dégoût, ce qui ne fit qu’attiser son désir de la conquérir, puis du mal-être, son charme faisait enfin effet. Pas de signe d’une possession quelconque. Il lâcha donc le visage de son ennemie du moment et recula un peu son torse, sans faire un pas en arrière. Il ne fallait pas charrier non plus.
Hésitante, presque séduisante dans son désir de plaire, elle lui parla d’abord de la poupée puis d’Anwen, d’Anwen et encore d’Anwen. Qu’est ce qu’on s’en fichait d’Anwen. Ils savaient tous les deux que la petite n’était absolument pas le but de sa visite.


« Si vous le dites. Vous devriez tout de même surveiller ses fréquentations. On la dit bien proche de la préfète de sa maison qui est un vrai voyou, du pire sang mêlé qui soit. »

Il eut un sourire amusé et décida de pousser sa pique plus avant. Il avait soudain besoin de titiller son invitée, de trouver et de dépasser ses limites.

« Mais si elle ne s’est pas calmée d’ici un an ou deux, je la prendrais volontiers ici pour lui enseigner les bonnes manières. Après tout c’est une Stark avant tout et ne suis-je pas son cousin ? »

Il fit soudain un pas en arrière, puis un autre, avant de faire demi-tour, lui tournant carrément le dos pour se rendre jusqu’à la porte.

« Si c’est tout ce que vous avez à me dire, nous pourrions aussi bien continuer par courrier. »

D’un geste galant, il ouvrit ladite porte et fixa son invitée des yeux, un sourire aux lèvres. L’ultimatum était simple. Ou Klarissa lui disait la véritable raison de sa venue, ou elle cédait et partait, penaude. Mais il était confiant. Elle n’accepterait pas de s’avouer vaincue. Pas avec la colère qu’il avait lu une fraction de seconde dans ses admirables yeux noisette.

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Prosper Wagner
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Sam 6 Sep - 4:20

Il y avait tout de même quelque chose d’horrible dans le fait d’être Klarissa présentement. Il était une femme. Il était devenu momentanément une elle et Cennyd n’étant pas conscient de cette métamorphose, il se comportait donc avec Prosper comme il l’aurait fait avec Klarissa. Et même s’il avait baissé les yeux dans son rôle de pauvre mère, les paroles que lança McAyr à ce moment manquèrent de le faire exploser. « Blah blah, Anwen, blah blah blah…moins de tenue que le cracmol le plus bouseux du Pays de Galles » ?! Le Mangemort ne put s’empêcher de serrer les dents, surtout pour s’empêcher de sauter à la gorge de ce parent éloigné pour le tuer sur-le-champ. On ne lui avait pas donné pour ordre de le tuer, seulement de prendre le tableau. Mais cela incluait-il, par n’importe quel moyen ? Quoique, tuer Cennyd McAyr, héritier des Stark, ne passerait pas inaperçu. Mieux valait s’en empêcher. Tâche encore plus difficile à accomplir après la tentative de séduction de Cennyd. Tentative à laquelle Prosper ne put faire autrement que de répondre tout d’abord brusquement, avec un ‘McAyr’ articulé de façon méprisante. Heureusement pour lui, il se reprit assez vite avec un discours typiquement Klarissa.

Il n’avait pas prévu les gestes de Cennyd à cet instant, mais il aurait dû s’en douter. Se douter qu’il ne soit pas naïf et cherche le piège. C’est pourquoi le Mangemort se força pour rester dans son personnage. Il était Klarissa; une Klarissa absolument normale, agissant par sa propre volonté. Il n’irait pas jusqu’à prétendre être une Klarissa déprimée et fidèle à son époux par-delà la mort parce qu’il n’était même pas fidèle à sa propre femme alors qu’elle était en vie. Et puis, de toute façon, même s’il avait été amoureux autant que sa cousine, il ne se serait pas ainsi isolé pour pleurer. Après tout, Olivia était morte…Il l’avait tué. Elle, sa douce Olivia. Mais il n’en était pas plus déprimé. Il était toujours aussi…aussi sûr de lui et…On n’était pas là pour penser à Olivia, de toute façon. *Ah ah, ça y est, tu penses encore à elle, tu penses encore à elle, tu ne peux pas t’empêcher de penser à elle, tu crois que tu vas devenir quelqu’un d’important si tu continues de toujours- Tu la fermes, oui ?!*


« Si vous le dites. Vous devriez tout de même surveiller ses fréquentations. On la dit bien proche de la préfète de sa maison qui est un vrai voyou, du pire sang mêlé qui soit. »

Anwen n’était pas de sang pur, alors qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’elle traîne avec ce genre de vermine ? Bon, elle n’était pas tout à fait de la vermine, parce qu’elle avait tout de même de la famille qui rehaussait son rang mais, au fond, il se fichait un peu d’Anwen. Il préférait nettement Megan, chez les enfants de ses cousins. Cette petite deviendrait un jour une grande dame si elle se détachait rapidement de Jacob et Rebecca. Et à ce moment-là, il se ferait un plaisir de l’accueillir parmi ses propres enfants. Ça lui ferait une deuxième fille. Voire même une troisième si Eileen ne tuait pas la prochaine par stupidité et épuisement. À moins qu’il ait droit à un autre garçon ? Un autre morveux qui irait se jeter dans les bras de sa mère pour échapper à la discipline de Prosper…

« Mais si elle ne s’est pas calmée d’ici un an ou deux, je la prendrais volontiers ici pour lui enseigner les bonnes manières. Après tout c’est une Stark avant tout et ne suis-je pas son cousin ? »

Cennyd, élevé un enfant ? Il avait sûrement autant de compétences dans l’éducation que dans l’art de la séduction de ses ennemis. Parce que même s’il avait été une femme, le Mangemort aurait été dégoûté d’être traité de cette manière. McAyr recula enfin et Prosper prit une grande inspiration, comme libéré d’un poids. Il détestait la proximité des gens, mis à part s’il en prenait lui-même l’initiative, et se sentait facilement oppressé dans ce genre de situation. Bon, ça allait avec les femmes, hein, mais certainement pas avec McAyr. Beurk. Et puis, il était agaçant, horriblement agaçant à force de…de se comporter comme un idiot ! Il avait toujours agi comme ça, mais c’était pire de devoir le supporter obligatoirement.

« Si c’est tout ce que vous avez à me dire, nous pourrions aussi bien continuer par courrier. »

Continuer par courrier ? Il aurait vraiment du mal à voler un tableau par courrier. Il regarda un instant la porte ouverte, puis Cennyd. Il voulait une autre raison, hm ? Anwen n’était pas un sujet très intéressant, effectivement…

« Ma visite n’avait pas réellement pour but de discuter d’Anwen, en fait. Vous vous en doutiez j’imagine… »

Il se leva. Ça n’était pas très Klarissa d’aujourd’hui, cela sonnait plus Klarissa dix ans plus tôt. Mais il ne supportait pas de continuer d’être aussi…faible.

« Je suis venue ici parce que maintenant que ma petite routine change, Anwen étant à Poudlard, je réfléchis à énormément de choses et j’ai besoin de…J’avais envie de revoir le manoir. C’est peut-être un peu déplacé de ma part de me présenter en ces lieux, mais… »

Prosper lissa la robe qu’il portait avec un certain désintéressement. Il replaça ensuite une mèche de cheveux et s’adossa lentement au fauteuil.

« Vous savez, ce n’est pas drôle tous les jours maintenant que la petite est partie. Si Cadfael n’était pas…enfin, décédé…J’aurais peut-être pu envisager d’avoir un autre enfant. Mais tout cela n’est pas intéressant, passons. Une faiblesse de ma part j’imagine, je me sentais nostalgique. »

Il baissa les yeux une nouvelle fois; serait-ce le temps de simuler les larmes. Non, encore un tout petit peu.

« Les choses ont beaucoup changé ces dernières années et je n’aime pas la tournure des évènements…Je sais que pour vous, cela…enfin…tout semble bien se passer. Mais pour moi… »

D’accord, assez. Un petit reniflement discret, un petit effort pour les yeux humides –faut dire qu’avec une migraine, c’est toujours plus facile- et une posture moins sûre, plus frêle. Ce qu’il détestait avoir l’air de…d’elles. Elles étaient bien mignonnes, mais il ne supportait pas d’être à leur niveau. Il était supérieur à elles, justement parce qu’on disait ‘il’ et pas ‘elle’. Stop.
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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Sam 13 Sep - 19:58

Quelque chose en Klarissa gênait Cennyd. Une sorte de brume dans son caractère. Parfois elle lui semblait parfaitement normale, féminine, presque désirable en somme. Et parfois elle avait des attitudes, des mots, des gestes, qui lui rappelaient trop Wagner. Or Ced n’aimait pas penser que son ennemi était toujours vivant. Pourquoi avait-il fallu que cet idiot de Potter perde contre le Seigneur des Ténèbres, le privant du joyeux massacre de deux de ses trois pires ennemis ? Pourquoi revenait-elle maintenant cette femme à peine plus âgée que lui qui avait failli lui voler son héritage ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi aujourd’hui alors que sa fiancé à lui était mourante ? Klarissa était-elle un leurre, une diversion de ses ennemis pour tuer sa promise ? Pensaient-ils vraiment l’atteindre ainsi ? Si ce n’était pas Eirwen, s’en serait une autre. Et surtout, que cherchait à faire Prosper en envoyant sa cousine ? Parce que c’était certain, Klarissa n’était pas ici de son plein gré. Elle semblait bien trop nerveuse. Il s’était d’ailleurs toujours demandé si elle savait qu’il était la cause de son malheur. Avec les années, il en avait conclu que non. Et s’il s’était trompé ? Il secoua la tête. Il se faisait des films. Cette pauvre petite chose n’était pas un danger pour lui. Il pouvait la désarmer rien qu’en lui saisissant le poignet et la plaquant contre le mur. Il pourrait alors…

Non. Ce n’est pas le moment de penser à ça. Pas encore.

En vérité, Cennyd n’avait pas une seconde pensé au Polynectar. Il fallait dire que Prosper et lui avaient la même vision de la femme. Des petites choses pleurnicheuses et sans réelle volonté si celle de leur époux ne vient pas … épouser (justement) la leur. Or Klarissa n’avait plus d’époux et franchement, il n’était pas étonné de la voir aussi pathétique. Ce qui était plus étonnant par contre était la force de caractère de la petite. A croire que l’esprit rebelle et impur de son père s’était réincarné en elle. Berk. Dire que cette chose était sa cousine. En même temps il ne pouvait s’attendre à rien de bon du mélange du Bâtard et de quelqu’un de la famille du nul. Les choses ne se seraient probablement pas si bien passées si le Serpentard avait prit plus de temps pour faire connaissance avec sa tante par alliance mais il ne l’avait vu que deux ou trois fois, toujours de loin.

La chance était du coté de Prosper mais cela ne voulait pas dire qu’il était totalement dupe. Klarissa était envoyée par sa famille. La visite, la pseudo nostalgie, tout ceci n’était qu’une ruse qui cachait autre chose. Cennyd n’était tout simplement incapable de deviner quoi, c’était tout. On disait la jeune femme désespérément fidèle à la mémoire de son époux. Il restait à savoir ce qui primait pour elle. Les ordres du Chef de Famille ou le souvenir des Stark. Il hésitait.

Devait-il accepter ? Après tout elle avait vécu là pendant quelques temps, ce n’était pas comme-ci les pièces n’étaient pas déjà souillées par sa présence en ses murs. Il n’avait rien à cacher, Sofria était d’une curiosité insatiable, il avait prit l’habitude de tout stocker chez les McAyr. Mais accéder à sa requête, à celle du Nul, l’ennuyait. Il sentait bien que ce n’était qu’une ruse. Et puis soudain une idée fit son chemin jusqu’à son cerveau. Ses yeux se remirent à briller dangereusement et il darda son regard d’acier sur son invitée. Son sourire moqueur s’agrandit, presque sincère et il roula inconsciemment des épaules comme pour réaffirmer sa propre supériorité. Ils allaient voir.

« C’est compréhensible mais vous devez comprendre que vous êtes une ennemie à mes yeux. Votre venue m’a été annoncée par votre idiot de cousin. Je me doute bien qu’il a agit à votre requête *tu parles* mais connaissant nos rapports, ainsi que sa vision très personnelle de la diplomatie, vous devez bien comprendre que je sois un tantinet méfiant. »

Il n’avait pu s’empêcher de parler sur un ton léger, mouillant ses propos d’un acide corrosif mais dilué. Insulter Prosper sans qu’il ne puisse répondre était amusant mais moins que de l’avoir en face en train d’essayer de se défendre contre ses attaques. Ses réponses à elles seules valaient le détour mais il était peu probable que Klarissa agisse aussi stupidement.

« Je me fiche de vos raisons. Si vous voulez visiter MON manoir, il va falloir que j’arrête de vous considérer comme une ennemie. Soyons francs tous les deux. Juste une seconde pour changer. J’ai quelque chose que vous désirez et que je pourrais, peut-être, vous céder. Que me proposez-vous en échange ? »

Soyons franc. La bonne blague. Pas un des mots qui sortaient de la bouche du professeur de métamorphose pouvait prétendre à cette hypothèse. Il n’avait même pas forcément envie de profiter de Klarissa. La seule satisfaction qu’il pouvait tirer de cette situation était de mettre Prosper hors de lui… et aussi celle inimitable de manipuler une femme mais celle-là il l’avait gratuitement. Non, il la sondait encore, toujours méfiant, afin de savoir qui allait gagner dans le cœur de la jeune femme, entre un cousin redouté et vivant et un époux aimé et mort.

"J'attends"

Juste histoire de lui mettre un peu plus la pression sinon ce n'était pas drôle.

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MessageSujet: Re: Chante petit oiseau   Sam 4 Oct - 0:44

Cette mission était plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Son plan ne marchait pas comme il le voulait et c’aurait été bien mieux d’entrer par effraction et de voler le tableau. Et puis, pourquoi avait-il accepté cette mission déjà ? Le Lord lui avait bien dit de se décommander de suite s’il se sentait incapable de l’accomplir, ce n’était pas comme un ordre après tout, il avait eu le choix…Non. Prosper Wagner ne déclinait jamais une mission. Peu importe ce qu’il devait faire, il le faisait. Et sa récompense était la satisfaction du Seigneur des Ténèbres, parce que s’Il avait à choisir quelqu’un pour monter en grade, Il choisirait celui ayant le plus de réussite dans ses missions. Et viendrait un jour où ce serait lui qui serait récompensé pour ses efforts et son acharnement. Mais d’abord, il devait s’emparer du tableau et le rendre à son maître. Et ce n’était malheureusement pas de la tarte. Il devait jouer la comédie et Prosper était loin d’être un acteur.

Alors qu’il simulait la tristesse et la nostalgie, les yeux humides et les petits reniflements en prime, il baissa de nouveau les yeux vers le sol. Pas qu’il était spécialement attirant ce sol, mais il n’avait pas vraiment le choix. Pleurer était faible et les faibles regardaient le plancher, c’était ainsi. On ne regardait pas devant soi pour pleurer, on ne gardait pas la tête droite, ça n’avait aucun sens. Même lui, s’il avait été assez faible pour pleurer, n’aurait pas osé garder la tête haute, ç’aurait été humiliant de regarder les gens en face tout en pleurant comme un enfant. Pas question de se ridiculiser. Déjà, il n’avouerait jamais à qui que ce soit comment il avait fait pour mener à bien sa mission, mis à part au Lord s’Il le lui demandait. Autrement, personne ne saurait jamais qu’il avait dû se travestir et se laisser draguer par McAyr.


« C’est compréhensible mais vous devez comprendre que vous êtes une ennemie à mes yeux. Votre venue m’a été annoncée par votre idiot de cousin. Je me doute bien qu’il a agit à votre requête, mais connaissant nos rapports, ainsi que sa vision très personnelle de la diplomatie, vous devez bien comprendre que je sois un tantinet méfiant. »

Cette fois, au lieu d’être insulté, Prosper se contenta d’agir comme s’il était réellement Klarissa : il continua de jouer la tristesse, mais releva les yeux pour faire comprendre à Cennyd qu’il était d’accord avec ses paroles. Mais bien sûr qu’il se méfiait, et c’était normal. Mais s’il avait été moins dupe, il aurait déjà remarqué qu’il s’adressait à un homme, bon sang.

« Je me fiche de vos raisons. Si vous voulez visiter MON manoir, il va falloir que j’arrête de vous considérer comme une ennemie. Soyons francs tous les deux. Juste une seconde pour changer. J’ai quelque chose que vous désirez et que je pourrais, peut-être, vous céder. Que me proposez-vous en échange ? »

La tristesse sembla un moment quitter le visage de cette Klarissa pour laisser place à la confusion et à la perplexité. Qu’est-ce qu’il proposait en échange ? En échange d’une visite au manoir ? Il n’avait pas prévu ce coup-là…Qu’avait-il à offrir ? Que désirait Cennyd McAyr ? Et puis, quelle stupidité aussi de lui demander quelque chose en échange d’une petite visite de sa fichue propriété ! Ne pouvait-il pas comprendre la tristesse de cette pauvre veuve ? Oui, pendant un petit moment, et l’un des rares, Prosper se sentait extrêmement humain et trouvait les manières de McAyr horriblement déplacées.

« J’attends. »

Attendre quoi ? Attendre qu’il se déshabille peut-être ? Le Mangemort fut insulté, il ne se gêna d’ailleurs pas pour le faire paraître, alors qu’il essuyait d’un geste brusque ses yeux mouillés de larmes. Non mais oh ! À ce moment précis, il avait envie de mettre une claque à cet idiot. Mais il ne devait pas le faire, même si cela lui demandait un effort monstrueux. *On se calme. Tout va bien. Il essaie de te mettre la pression, ne te laisse pas avoir.* Il fallait réfléchir vite, mais efficacement. Que ferait Klarissa Hollister en pareille situation ? Enfin, la Klarissa d’aujourd’hui. Cette Klarissa qui pleurait sans cesse et vivait comme une vieille retraitée dans son petit coin loin de la civilisation.

« Ce que je vous propose en échange ? Je ne croyais pas devoir parler en termes d’affaires avec vous, Cennyd. Je croyais sincèrement que vous pourriez comprendre ma situation…Mais soit. Je ne vois pas ce que je pourrais vous offrir en échange d’un petit tour dans ce manoir qui me manque tant. Je ne crois pas posséder quoi que ce soit que vous pourriez envier. Je n’ai pas le luxe de ce manoir, ni votre fortune… »

Soupir. Il fit lentement le tour du fauteuil pour s’y asseoir de nouveau. Klarissa ne possédait effectivement pas grand-chose. Elle avait Anwen et une maison…matériellement, elle n’avait pas beaucoup à vrai dire. Par contre, elle avait à envier. Du côté humain. Parce qu’elle était aimable et de bonne compagnie; jolie en plus. Mais il n’allait tout de même pas lui proposer une soirée en sa compagnie, c’était...impensable. Surtout parce que Klarissa n’accepterait jamais et il ne supporterait pas de reprendre le rôle de sa cousine. À l’instant, il n’avait plus beaucoup de choix. Soit il gagnait du temps, soit il repartait sans le tableau. Le deuxième choix étant inenvisageable, il se devait de trouver quelque chose pour occuper Cennyd encore un peu. Prosper se releva lentement et retourna face à son interlocuteur.

« Je ne vois vraiment pas ce qu’une femme comme moi aurait à vous offrir. »

Vivement que se termine cette fichue mission.
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