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 Acte deux scène trois.

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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Acte deux scène trois.   Jeu 19 Juin - 20:45

Placidia McAyr était de retour dans la ville de son enfance. Fière, droite, ses cheveux blonds à peine grisés et son visage simple aux yeux noirs et petillants, elle portait très bien la cinquantaine. A coté d'elle, la dépassant d'une vingtaine de bons centimètres, son fils lui tenait la main et lui parlait tout bas.

Cennyd était habillé à la pointe de la mode ecossaise sorcière. Sa robe d'un vert profond mettait en valeur son teint pale et ses cheveux roux artistiquement en bataille. Ses yeux gris se teintaient d'un amour profond lorsqu'il parlait à sa mère, caressait ses cheveux ou lui serrait la main pour ne pas qu'elle soit nerveuse. Lui se sentait particulièrement bien. Il allait rencontrer sa fiancé pour la seconde fois et en avait déjà eu un bon apperçu. Elle était jeune, gentille et bien née. Irlandaise qui plus était ce qui allait réduire les chances de consanguinité. Sa dernière épouse Siofra en était morte et s'il ne l'avais jamais plus aimée que n'importe quelle femme, il avait quand même été peinée de la voir partir. Un homme de son rang sans épouse ni héritier c'était tout simplement inconcevable. Anwen risquait de tout récupérer. Or la fillette pour ce qu'il en avait vu, ressemblait beaucoup trop à son bâtard de père.

Bref, la fiancé que Placidia avait dégoté semblait parfaite. Un rien fleur bleue mais cela pouvait se travailler. Il ne voulait pas que son épouse se fasse embobiner par le premier Jojovitch venu, pas qu'il soit jaloux mais parce que ca risquait de lui faire du mal. Si Eirwen - blanche neige, a voir qui étaient ses septs nains - devenait son épouse, alors il allait la protéger de ce genre d'idioties. Un McAyr/Stark devait mener le jeu, et surtout ne jamais perdre face aux autres.

D'une tendre caresse sur la joue, le professeur rassura sa mère et reporta ses yeux sur le quai. Rendez-vous sur un quai de gare alors qu'ils étaient tous sorciers. Quelle drôle d'idée. Parfois les romantiques sont aussi complexes qu'un sort de métamorphose. Mais c'est ce qui rend la vie excitante n'est ce pas ?

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Eirwen Taliesin
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Ven 20 Juin - 0:57

Il était quatorze heures, un craquement sonore retentit sur le quai presque vide. Cela faisait vingt minutes que le dernier train était partit, et le prochain n’arriverait pas avant quinze heure, c’était un quai réservé aux grandes lignes. Bien qu’en sachant tout ça, Hengw maintenait le fait qu’il détestait les moldus, et désapprouvait toutes leurs inventions. D’ailleurs, il y avait très peu d’inventions qu’il approuvait, antirévolutionnaire jusqu’aux racines, Hengw faisait parti de ces hommes qui restaient attachés à leurs traditions, ou plutôt à leur argent, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Deux silhouettes apparurent au milieu du quai, Hengw n’avait pas prit garde de se cacher, il avait transplané sans prendre la moindre précaution vis-à-vis des moldus. Il partait du principe que si quelqu’un devait se cacher, c’était plutôt eux. Pour ce second entretien, il s’était habillé d’une robe de sorcier qui semblait très onéreuse, rappelant très vaguement les couleurs de l’Irlande. En effet, le vert s’était quelque peu terni durant ces dernières années, à l’image du sorcier qui la portait, passant d’un vert profond à un vert fané. Il se tenait droit et fier, mais malgré cela, les années et les épreuves de la vie inscrites sur son visage démentait sa posture, et lui donnaient bien soixante ans. Accrochée à son bras, se tenait Eirwen. Charmante jeune fille, le visage opalescent encadré par une magnifique chevelure blonde et parfaitement peignée. Elle avait hésité longuement à savoir si elle devait se les attacher ou non. Elle n’aimait pas trop laisser ses cheveux détachés, mais elle s’était dit qu’après l’impression que lui avait fait son fiancé lors de leur précédant rendez-vous, ce soupçon d’impudeur ne pourrait que l’assortir un peu plus à ce futur époux. Evidemment, cette pensée était ironique, rien ne la réjouissait dans le fait qu’elle allait devoir épouser cet homme. Il lui avait parut si prétentieux, si impudent ; c’est sûr, physiquement, elle n’avait pas à se plaindre, mais certaines de ses manières laissaient à désirer, comme ses avances qu’elle jugeait beaucoup trop directes. Elle, qui avait rêvé ce premier rendez-vous toute son enfance, qui l’avait imaginé dans les moindres détails, avait été drôlement surprise. Mais elle s’était résolue à cette ‘fatalité’, elle épouserait ce sorcier si telle était leur volonté.

Elle s’avançait, au bras de son père, dans une ravissante robe bleue clair, le ruban de satin un peu plus foncé qui entourait sa taille rappelait la couleur de ses yeux. Elle observa quelques instants Cennyd et sa mère qui les attendaient avant d’abaisser son regard vers le sol, ils étaient à quelques dizaines de mètres seulement. Plus ses pas la rapprochaient de son fiancé, plus elle sentait son cœur se resserrer. Elle aurait préféré rester la petite fille qu’elle était avant, revivre les courts moments qu’elle avait passé avec sa mère avant que celle-ci ne meurt. Puis, elle ne ce sentait pas prête. Elle allait se marier, puis après, elle aurait des enfants, dont elle devrait s’occuper, et il lui faudrait veiller à leur éducation, et ensuite ? Elle jeta un bref coup d’œil à son père. C’était pour lui qu’elle se mariait, elle le savait. Bon, c’est vrai, elle y était obligée, mais elle savait aussi qu’il ne supporterait pas qu’elle, sa fille, son dernier enfant, échappe au destin qui lui était prévu. Elle savait que si elle aussi le décevrait, ça risquerait de le tuer. Après tout, Eirwen était la seule personne sur laquelle la fierté d’Hengw pouvait compter.

Hengw prit délicatement la main de Placidia pour y déposer un baiser, en guise de salut, et se contenta d’un signe de tête pour saluer son futur gendre. Eirwen fit une légère révérence, avant d’abaisser un peu son regard, n’osant pas trop regarder son futur mari, elle espérait que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Dim 22 Juin - 1:36

Il était quatorze heures et un craquement sonore retentit sur le quai presque vide. Les deux têtes se tournèrent automatiquement en direction du bruit alors que les trois moldus présents cherchaient l'origine de ce bruit sinistres. Cennyd les imaginait en train de passer mentalement la liste des objets ayant pu se rompre et les accidents possibles. Les moldus étaient tellement stupides qu'ils en devenaient risibles. Heureusement que leurs filles étaient belles, sinon, ils n'auraient aucune raison d'exister. D'un geste de la main, le jeune homme retint sa mère, prête a aller à la rencontre du couple. Il y aurait là une petite épreuve de force pour savoir qui ferait le premier pas. Et il ne perdrait pas. Ce serait à Blanche Neige de venir à lui comme n'importe quelle femme bien élevée devait le faire. Son père la conduirait. Il ne manquait à la scène qu'une grande robe blanche et une marche nuptiale pour que tout soit parfait. Bientôt. Bientôt cette poupée blonde serait à lui. Pour la chérir, la gâter, la surveiller, l'éduquer et en faire une McAyr dans les règles. Elle était belle, elle semblait intelligente, cela ne serait probablement pas trop difficile.

Debout au milieu du quai, Cennyd examinait sa fiancée. Cheveux blonds lâchés dans une apparente négligence qui la rendait charmante, grands yeux à l'expression rendue invisible par la distance, visage blanc, ovale, presque irréel par sa beauté parfaite et une robe bleue la mettant tout à fait en valeur. Elle était magnifique. Jeune et inexpérimentée qui plus est ce qui mettrait du piment dans leur relation. Sans parler du fait qu'elle pourrait passer sa beauté à leurs futurs enfants. Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs voulez-vous ?
A côté de la jeune femme se tenait son père. Plus vieux, une tête de père. Il ressemblait à l'oncle Réal par son maintient et sa fierté. Le coeur de Cennyd se serra une seconde en pensant à son propre père qu'il n'avait pas connu. Mais ce sentiment partit bien vite. Il était vengé.

Placidia avanca d'un pas pour saluer les deux Taliesin. Elle pensait qu'une famille aussi vieille devait être respectée. Belle dans sa robe "feuille morte", elle fit une révérence impeccable à Hengw, rougit légèrement sous le baisemain et salua sa future belle fille d'une autre révérence. Cennyd, quand à lui ne bougea pas jusqu'au salut de l'irlandais. Il lui rendit son hochement de tête et se tourna vers sa fiancée. Soucieux de ne pas la blesser comme la dernière fois, il la salua profondément avant de baiser sa main avec une légèreté et de lui offrir un perce-neige qu'il avait préparé et venait de faire apparaitre.


"Dia duit. Conas tá tú?"

dit-il simplement dans un irlandais impeccable bien que trahissant une petite pointe d'accent ecossais. Remarquant la couleur de la robe de son futur beau-père (rappelant la sienne, comme quoi il avait bien fait de mettre du vert), il décida de continuer dans cette langue (bien que l'anglais lui soit plus familier) et proposa son bras à la jeune fille, laissant Placidia aux soins d'Hengw. Il ne savait pas trop quoi dire à cette poupée effarouchée. Il avait sentit la dernière fois que ses coups de sondes ne passaient pas bien et avait donc décidé d'être sage mais cette poupée timide le bloquait un peu. Il avait du mal a savoir ce qu'il fallait dire. Siofra était plus simple, il suffisait de lui parler de bijoux.

"Vous avez des passions dans la vie Eirwen ?"

demanda-t-il enfin, toujours en gaélique irlandais de Munster et sur le registre le plus poli qu'il connaissait.

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Eirwen Taliesin
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Dim 22 Juin - 3:23

Eirwen remarqua la couleur verte de la robe de son futur époux, et nota qu’il avait fait l’effort de s’habiller à la mode irlandaise, pour la séduire ? Elle en doutait. Après l’impression qu’il lui avait faite lors de leur dernier rendez-vous, il lui était apparu que ce garçon était convaincu que de toute façon, elle serait à lui, quoiqu’il puisse faire, ou ne pas faire. D’ailleurs, ce n’était pas elle qui pouvait prétendre le contraire, elle en était navrée mais c’était ainsi. Il baisa sa main avec une légèreté étrangère, qui eut pour effet de remettre en question les idées qu’elle s’était faite de son fiancé. Il lui semblait à présent plus attentif et plus agréable. Il lui offrit même un perce-neige qu’il venait de faire apparaître. Une délicate attention qui surprit la jeune fille, tenait-il vraiment à elle ? Ils ne se connaissaient même pas. Elle croisa son regard quelques instants, juste le temps de le remercier silencieusement, lui souriant timidement. Elle était un peu embarrassée et ne savait pas trop comment réagir. La dernière fois, il lui semblait prétentieux, sûr de lui, et impudent. Et aujourd’hui, voilà qu’il se comportait avec légèreté et lui offrait ce cadeau qui avait tout l’air d’avoir été préparé par lui. Elle baissa à nouveau son regard, ses joues virant au rose.

"Tá mé go maith.
Go raibh maith agat"


Elle lui répondit dans sa langue natale, impressionnée de s’apercevoir qu’il la parlait aussi. Certes, il n’avait pas tout à fait l’accent irlandais, mais elle n’en demandait pas tant. Etait-elle tombée amoureuse de ce parfait inconnu ? Elle n’en savait plus rien. Peut être d’ailleurs que cette mise en scène était justement faite pour qu’elle puisse lui appartenir, pas seulement sa main, mais aussi son cœur. Toutefois, cette question ne traversa pas son esprit, ne serait-ce l’instant d’une seconde.

La jeune fille fut contrainte de s’abandonner à ce parfait inconnu qui lui proposait son bras. Parfait inconnu qui, pourtant, était son fiancé. Elle accorda un dernier regard à son père, mais celui-ci ne lui prêtait plus attention, il observait Placidia comme s’il cherchait à trouver dans son regard un indice qui confirmerait que cette union lui serait profitable.

Un court silence s’était installé entre eux, jusqu’à ce qu’il finisse par lui demander qu’elles étaient ses passions dans la vie, toujours en gaélique irlandais. Elle gardait son regard baissé, de crainte de croiser celui de son futur époux, qu’elle trouvait trop pénétrant. Bien qu’étant le genre de question que deux personnes étaient généralement amenées à se poser pour faire connaissance, et qu’elle fut formulée dans un registre très poli, la question lui parut étrange, et la déstabilisa quelque peu. Eirwen n’avait aucune idée de quelles étaient ses passions. En jeune fille noble qu’elle était, elle n’avait que très peu l’occasion de sortir de chez elle, et lorsqu’elle le faisait, ce n’était en aucun cas pour assouvir de quelconques passions. Alors elle devait se satisfaire de ce que l’on mettait à sa portée, se satisfaire de ses devoirs de jeune fille. Si bien qu’il était inutile de lui parler de quidditch, ayant grandit sous la plus stricte éducation, il allait de soi que le quidditch n’était pas une occupation pour les jeunes filles, tout comme voler sur un balai. Les jeunes filles devaient rester les pieds sur terre, et être prêtes à endosser le rôle d’épouse qui les attendait inévitablement. C’est ainsi qu’elle avait grandit, bien qu’elle n’ait pas toujours gardé les pieds sur terre. En effet, Eirwen avait toujours aimé lire, les contes de fées, les histoires d’amour,… Si bien qu’elle en était devenue "un rien fleur bleue".


- J’aime beaucoup lire, répondit-elle modérément après un court instant.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Lun 23 Juin - 20:46

Cennyd avait beaucoup de défauts, mais il n'était pas stupide. Ce second rendez-vous était pour lui l'occasion de rattraper la mauvaise impression qu'il avait fait à sa fiancée. Trop habitué à fréquenter des demoiselles de caractère comme Irina ou Vittoria, il en avait oublié ce que timidité, retenue, modestie et ingénuosité voulaient dire. Cette fois il comptait bien se rattraper et montrer a son nouveau petit bijou qu'elle était à lui certes mais qu'il comptait prendre soin d'elle. Pour elle, il avait revu son irlandais (alors que jusqu'ici il utilisait surtout l'anglais et l'écossais), il avait révisé ses manières et s'était renseigné sur sa famille. Le mariage serait conclu par le couple agé qui discutait à voix basse derrière eux mais l'avenir du couple était entre ses mains. Le professeur était un charmeur, il aimait les femmes. Il voulait que celles-ci l'aiment. Les forcer ne l'intéressait pas du tout. Donc, s'il voulait un héritier il était dans son interêt de sympathiser le mieux possible.

"Tá fáilte romhat. "

Elle ne lui avait pas renvoyé la question aussi ne s'ennuya-t-il pas à répondre. De toute façon Cennyd McAyr allait toujours bien, et le faisait toujours savoir avec ce mélange d'impudence et de moquerie qui faisait qu'on se demandait ce qu'il avait derrière la tête. Jamais il ne montrait le moindre de ses vrais sentiments. Jamais il ne parlait de lui, de ses peurs, de ses envies, de ses rêves. Tout était réfléchit, calculé, voulu. Elle l'apprendrait bien assez tot.
Le village où ils étaient était inconnu à Cennyd qui découvrait la partie non anglaise de l'Irlande. Au risque d'offenser le futur beau père, on ne pouvait pas dire que c'était très différent de l'Irlande du nord. Ils marchaient doucement tous les quatres, comme de vrais amoureux, indifférents aux regards que jetaient les gens autour d'eux.

Plaicida était confiante. Son fils lui était comme la prunelle de ses yeux, seul fruit de son union avec un autre sang pur. John, son époux, qu'elle avait aimé malgré le peu de temps passé ensemble. Elle se souvenait de ses propres fiancailles. Elle non plus n'avait jamais rencontré son futur mari avant que les fiancailles soient arrivées à leur termes. Ils ne s'étaient pas entendus tout de suite. John était un homme mesquin, enfermé dans sa rivalité avec son aîné batard. Mais au fil des ans il s'était créé une véritable amitié en eux. Elle avait gagné une soeur en Jane et lui un frère en Real. Cennyd était supposément le premier d'une longue série de Stark. Jusqu'à ce que le destin s'en mêle. Maintenant John et Jane étaient morts. Leurs parents aussi. Réal s'était occupé d'elle et ils avaient élevé ensemble le seul fruit de la double union des deux familles. Cennyd était le seul espoir des McAyr et des Stark. Et Eirwen serait leur renaissance à tous les trois.Hengw pouvait être très fier. Placidia sourit.

Le silence planait sur les deux couples jusqu'à ce qu'Eirwen reprenne la parole. Il était temps. Cennyd commencait a se demander s'il n'avait pas encore fait une erreur. Blanche Neige lui paraissait à peu près aussi fragile qu'un pisselit en graine. Il allait falloir qu'elle se renforce un peu parce que ce n'était tout simplement pas possible d'avoir une femme aussi fragile. Ils allaient se servir d'elle pour l'atteindre lui et il ne pouvait pas le permettre. Finalement, l'enfant avoua aimer beaucoup lire. Hum. Voila qui posait problème, il avait horreur des bibliothèques. Oh il n'était pas inculte, il lisait aussi bien qu'un autre mais uniquement dans un but bien précis. Comprendre une référence, apprendre un sort, retrouver un détail. Pas pour le plaisir.


"J'espère alors que vous apprécierez la bibliothèque familiale alors, elle est plutôt grande et regorge de livres en tout genre. Quels sont vos livres favoris ?"

Il ne connaîtrait surement pas mais peut-être pourrait-il s'arranger pour s'en procurer quelques uns. A moins que la chance joue pour lui et qu'ils aient déjà l'ouvrage en question. C'était l'intérêt d'avoir un oncle libraire. Correction un oncle bâtard, mort, ancien libraire. Car si la plupart des livres de sa boutique roturière s'était retrouvés dans la maison de sa compagne ou revendus, il avait tout de même prit le temps de garnir la bibliothèque déjà conséquente de beaux livres anciens, reliés et illustrés lourds et pleins de poussière. Un paradis pour ceux qui aimaient l'odeur de cuir, d'encre et de colle. Et une pièce à éviter pour les anciens joueurs de quidditch qui préféraient la danse à la poésie. Bah, elle se rendrait assez vite compte qu'il ne partageait pas cette passion. Et puis tant qu'elle ne lui demandait pas d'imiter son exemple, il se fichait pas mal de savoir dans quelle pièce elle allait passer ses journées.

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Eirwen Taliesin
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Mar 24 Juin - 0:17

Bien que toujours réservée, les quelques doutes qu’avait Eirwen à propos de la nature de son futur époux commençaient à se dissiper, peut-être que tous ses efforts n’étaient qu’une mise en scène destinée à se convaincre que personne ne pouvait résister à son charme, après tout, mais les efforts restaient là, et le ravissement de la jeune fille aussi. Quelqu’un s’intéressait à elle, pour une fois, et qui plus est, quelqu’un qui partagerait sa vie avec elle. Alors certes, le premier rendez-vous ne s’était pas passé comme elle l’avait espéré, et celui là n’était pas non plus parfait, à l’image des livres qu’elle adorait lire, mais elle devait se résoudre au fait que tout ne pouvait pas être parfait, et que la réalité n’était jamais aussi parfaite que la fiction.

Si Eirwen avait un défaut, c’était bien celui là. Elle visait toujours la perfection, dès qu’elle entreprenait quelque chose, il fallait que son projet aboutisse à ce qu’elle espérait, sans quoi elle recommençait, jusqu’à ce que ce soit irréprochable. Ainsi, jamais elle ne ratait le glaçage d’un gâteau, jamais elle ne laissait un livre dépasser de l’alignement lorsqu’elle réorganisait la bibliothèque, jamais elle ne laissait une mèche de travers lorsqu’elle se coiffait. Elle était irréprochable, et pourtant, elle arrivait toujours à trouver quelque chose à se reprocher. Et si elle était aussi dure avec elle, la jeune fille l’était aussi avec les autres. C’est pourquoi après leur dernier rendez-vous, cette dernière vouait une haine sans égale à cet importun qui demandait sa main. Mais, aussi intenses les sentiments peuvent-ils être chez Eirwen, jamais ils ne durent éternellement, en effet son principal défaut, après son perfectionnisme outrancier, était sa naïveté. La naïveté qu’ont tous les enfants qui espèrent tant quelque chose qu’ils finissent par s’en convaincre.

Cette naïveté qui lui faisait, dès ce second rendez-vous, prendre confiance en cet homme, dont elle ne savait rien en somme. D’ailleurs, elle aurait très bien pu poser des questions, mais elle préférait s’abstenir. Futur époux ou pas, elle n’avait pas l’habitude de poser beaucoup de questions, elle apprenait à connaître les gens en les observant, poser trop de questions pour une jeune fille de son rang pouvait parfois paraître indécent. De plus, hormis son éducation et sa timidité naturelle, Eirwen avait peur d’en connaître les réponses. Elle espérait encore, malgré leur premier rendez-vous, que Cennyd McAyr était l’époux parfait. Alors elle faisait tout pour s’en convaincre, à commencer par ignorer ses défauts, et la meilleure façon de les ignorer était de ne pas las connaître.

Une fois de plus, Eirwen hésita à répondre. Personne avant lui, hormis bien sûr son professeur particulier, mais lui c’était différent, ne s’était intéressé à elle, et encore moins à ce qu’elle lisait. Les invités qu’ils recevaient au manoir étaient généralement des sorciers adultes, qui venaient parler affaire avec Hengw. Et ni son père, ni la nourrice, ni aucun des autres employés de maison n’avait vraiment prêté attention à la fillette qu’elle était. Aussi, passer ses journées dans la bibliothèque familiale ne l’avait certainement pas aidé à s’ouvrir aux autres habitants du manoir. Mais toutes les personnes auxquelles la fillette se confiait avaient été contraintes de disparaître de sa vie, sa mère, son frère, ce professeur qui avait changé sa façon de voir le monde. De ce fait, elle avait finit par en déduire qu’une jeune fille de son rang ne devait pas se confier, et devait plutôt s’occuper à ne rien laisser percevoir de ses sentiments. Mais bien qu’ayant compris le concept, elle avait quelques difficultés à l’appliquer dans certaines circonstances. En effet contrairement à la colère, ou à la joie, la déception se lisait aisément sur son visage lorsque quelque chose ne se présentait pas comme elle l’aurait souhaité.


"Ils sont si nombreux… Chaque livre est unique, il m’est donc délicat de vous en citer seulement quelques uns. Mais je suis persuadée que votre bibliothèque me séduira. "

De cette manière, elle ne prenait pas le risque de lui avouer le genre de livres qu’elle lisait. D’une part, elle était convaincue qu’il ne connaitrait pas une seule des œuvres qu’elle pourrait lui citer, et d’autre part, il ne semblait pas vraiment s’intéresser à ce genre de littérature, d’après ce qu’elle avait pu comprendre de sa personnalité.

Toutefois, peu lui importait qu’il aimait ou non lire les mêmes livres qu’elle, ce qu’Eirwen attendait de son futur époux se résumait plus au respect des convenances, à sa présence, son affection, son Amour…
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Ven 27 Juin - 4:03

Peu importaient les motivations de Cennyd. Pouvait-on d'ailleurs lui reprocher de vouloir impressionner favorablement celle qui partagerait peut-être son existence ? Mais il y avait une autre raison à ce besoin de reconnaissance. Cennyd, comme son oncle abhorré auquel il ressemblait tant, avait grandit orphelin d'un parent. Cet amour qu'il n'avait jamais pu recevoir, ce manque qui l'avait accompagné toute son enfance se traduisait inconsciemment chez l'adulte qu'il était devenu. Cennyd avait besoin de sentir qu'on l'aime, qu'on l'appréciait, qu'il était désirable. Peu lui importait lui d'aimer. Il était assez égoiste pour ne pas se poser la question. Mais charmer restait l'un de ses grands plaisirs et il aimait sentir les résistances de ses proies fondre sous ses attentions. C'est pourquoi son sourire se fit plus honnête lorsqu'il sentit que sa fiancée se détendait un peu.

Il n'était pas parfait. Il le savait, il s'en fichait pas mal. La perfection était trop facilement détruite, trop prévisible, trop remarquable. Lui était un survivant. Le dernier des vrais Stark (car il ne tenait pas la fille demi-sang de son oncle bâtard pour un Stark), le dernier McAyr également. Il avait grandit avec la peur de voir la mort emporter sa mère et Réal comme elle avait emporter son père et Jane. Il avait donc apprit a jouer, à tricher, à serpenter entre les pièges et les tentations. Il était devenu un serpentard dans les règles, insaisissable, tricheur, toujours loin de sa victime lorsqu'elle succombait. Mais à bien des égards, il était un homme meurtrit par l'absence de son père et la peur de voir son univers disparaitre à nouveau. Le monde n'était pas parfait, il n'était pas juste, il n'était pas bon. Mais Cennyd voulait en profiter au maximum. C'était probablement pour cela qu'il n'aimait pas lire. Il n'avait pas de temps à perdre avec l'imaginaire alors que sa vie pouvait prendre fin le lendemain.

Eirwen avait été élevée différemment. Il y avait surement plus que la poupée de porcelaine qu'il voyait ici mais il sentait qu'elle n'était pas une survivante. Il espérait juste qu'elle serait plus forte que Sofria qui hurlait dès qu'elle voyait une araignée. Et si possible qu'elle survive. Il avait perdu assez de monde dans sa vie pour perdre une seconde épouse en couches. Surtout qu'il lui fallait absolument un héritier. Bref, Eirwen avait dans les yeux quelque chose de naïf qui n'allait pas avec le monde extérieur. Il allait falloir lui apprendre ca aussi. Une McAyr ne devait pas être influencable, naive, fragile ou manipulable. Ils devaient être plus solide que els highlands. Restait à espérer que Miss Poupée puisse apprendre. Elle avait l'air intelligente. Restait la force de caractère. C'était déjà moins sur.

Elle répondit finalement qu'elle ne lui répondrait pas mais formulé de telle façon qu'il ne puisse pas s'offusquer de son refus. Cennyd sourit face à cette manoeuvre presque politique. Malheureusement elle ne lui donnait aucune piste pour rebondir. Elle ne posait pas de questions, ne répondait pas aux siennes et même son visage restait indéchiffrable. Sans cesser de sourire, Cennyd décida de lui donner une petite leçon.


"Heureux d'entendre dire que quelque chose qui m'appartient puisse vous séduire. Je commençait à désespérer."

Commença-t-il sur le ton de l'humour, regardant les nuages comme si rien de tout cela n'avait vraiment d'importance.

"Vous savez, si nous devons passer le reste de nos jours ensemble, il faudra bien que vous vous mettiez à parler. Surtout qu'il ne me sera pas difficile de savoir quels livres vous avez lu ou non."

Cette fois par contre il avait été plus sérieux. Pas dur mais sec. Il acceptait que ses maîtresses le remettent en question. Pas sa femme. Ou en tout cas pas en public. Elle pouvait lui dire ce qu'elle voulait quand ils étaient seuls mais il attendait d'elle une obeissance parfaite le reste du temps. Surtout que ce qu'il demandait n'était pas moldu.

"Quels sortes de livres aimez vous Eirwen ?"

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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Dim 29 Juin - 23:33

La jeune fille avait toujours semblée fragile à première vue, son teint opalescent n’arrangeait rien à la santé fragile qu’elle avait hérité de sa mère, ou à son regard pétillant d’ingéniosité. Mais malgré cette apparence, et cette tendance à faire un peu trop confiance aux sorciers qui lui étaient proches, Eirwen était toujours là, certes elle ne brillait pas par sa force physique ou par sa force de caractère, mais elle était d’une incroyable bonté, et était prête à faire face à n’importe quelle situation, si c’était pour venir en aide à un être qui lui était cher. Quand elle était très jeune, sa mère décéda d’une grave maladie, c’était le destin, personne n’avait rien pu y faire. Suite à un tel évènement, il est nécessaire à tout être de se trouver un nouveau fil qui le rattacherait à la vie, certains se rattachent à un amour, d’autres à une vengeance, et d’autres, comme ce fut le cas de cette enfant, à leurs rêves. Elle rêvait, matins, midis, soirs, et nuits, dans ses livres, dans ses pensées, dans son sommeil. Elle puisait tous ses rêves des livres, si bien qu’ils étaient devenus son jardin secret. Le jardin que personne n’avait pénétré jusqu’à présent. Pas même son frère, ni son père, ni personne d’autre. Et voilà que cet inconnu, venu de nulle part, voulait l’obliger à lui révéler ce qu’elle avait toujours su protéger.

Elle ignora sa première réplique, énoncée sur le ton de l’humour, toutefois la jeune fille ne la trouvait pas du tout amusante. Alors, lorsque quelque chose ne lui convenait pas, et qu’elle ne pouvait pas changer, Eirwen préférait l’ignorer, et tenter de se persuader qu’il en est autrement.

Mais il lui fut impossible d’ignorer la deuxième, qui était beaucoup plus sèche. Il n’était plus question d’humour, il lui posa à nouveau la question, mais en finissant la phrase par son prénom. La jeune fille continua de garder les yeux baissés et ne répondit pas tout de suite. Elle ne voulait pas répondre.

L’éducation qu’elle avait reçue était, certes, stricte, mais totalement différente. Jamais son père ne l’avait obligé à répondre à des questions, en fait, jamais son père ne lui avait vraiment adressé la parole. Peu lui importait de savoir ce qu’aimait faire sa fille, ce qu’elle faisait de ses journées, comme celles-ci se passaient, il fallait qu’elle se tienne bien, et qu’elle honore son nom, et cela suffisait à faire taire ses inquiétudes. Elle avait été éduquée dans le plus profond silence. Et voilà que maintenant, il fallait qu’elle se mette à parle, pour quelqu’un qu’elle connaissait à peine, et qui n’en avait sûrement rien à faire de ce quelle aimait lire. D’ailleurs, pourquoi voulait-il absolument savoir ce qu’elle aimait lire ? Eirwen se doutait que la réponse l’importait peu, et pourtant, il s’obstinait à lui poser la question.

Elle était très partagée, d’un côté, il y avait son père, en refusant de répondre à ce sorcier, il risquerait de se fâcher, ou de se plaindre à son père, et ce dernier serait sûrement furieux contre elle, ce qu’elle ne souhaitait pas, elle voulait qu’il soit fière d’elle. D’un autre côté, ça avait toujours été son jardin secret, impénétrable, et ils n’étaient même pas encore mariés. Sans compter que les livres qui l’intéressaient n’intéresseraient sûrement pas Cennyd. D’un autre côté elle avait toujours obéit, à sa mère, son père, son frère,… Mais lui, ce n’était que la deuxième fois qu’elle le voyait.


" Eh bien disons que j’aime les livres qui me sont accessibles. Et pour le moment j’ai plus eut l’occasion de lire de la littérature irlandaise qu’autre chose pour tout vous dire. "

Elle avait répondu avec douceur, sans aucune insolence, peut être avec un peu d’ironie, mais très subtile, toutefois, elle n’avait pas vraiment répondu à la question, c’est pourquoi elle avait gardé son regard baissé, persuadée que sa réponse ne lui conviendrait pas, elle n’avait pas voulu prendre le risque de croiser son regard pénétrant.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Ven 4 Juil - 16:07

Le monde des sang purs était fait d'apparence. C'était indispensable pour garder la tête froide en toute occasion mais parfois cette habitude allait très loin. Comme Eirwen, Cennyd était le résultat d'une longue selection naturelle de sorciers nobles et froids, gardant leur masque en permanence. Parfois il y avait des ratés comme Cadfael mais dans le cas de Cennyd on ne pouvait que se féliciter du succès de la manoeuvre. Cennyd ne montrait jamais ses véritables sentiments. Même ses yeux qui pourtant laissaient passer tant de choses, étaient calculés et brillaient sur commande. On ne pouvait pas énerver Cennyd, on ne pouvait pas non plus espérer de lui la moindre once d'affection. Tout était calcul, retenue, intelligence. Même sa sortie un brin enervée avait un but. Il s'agissait de montrer à la jeune fille que lorsqu'ils seraient mariés (et les chances qu'ils le soient un jour augmentaient de minutes en minutes grace au travail de Placidia à l'arrière) qu'elle lui devait obeissance. Au fond de lui, Ced n'était pas en colère. Juste amusé par ce jouet si fragile.

Toutefois toutes les apparences de la semonce ayant été respectée, Eirwen baissa la tête. Elle était l'archétype de la contrition et de l'embarras. Les apparences toujours car le jeune homme doutait que ce genre de réprimande soit prise au pied de la lettre. De toute façon ce n'était même pas la question qui était en cause. Ce qu'il s'en fichait lui de comment son épouse allait passer le temps pendant qu'il faisait le bon mangemort à Poudlard ! Elle pouvait aussi bien faire de la broderie avec les pieds il n'en traumatiserait pas moins d'élèves. Mais le Seigneur posait une question, elle devait répondre. Simple politesse. Et il ne fallait surtout pas qu'elle pense que ce genre de fausse réponses, de circonvolution ou appelez ca comme vous voulez, fonctionne avec lui. C'était la porte ouverte a tous les mensonges et toutes les tromperies. Eirwen avait le droit de lui mentir. Mais uniquement si elle le faisait bien. Le mot d'ordre des McAyr restait l'excellence.

Finalement, après un silence qui se voulait embarassant mais qui n'avait pour autre conséquence que d'amuser l'ancien serpentard, Eirwen rendit les armes et répondit à la question. Enfin presque car la demi-réponse laissait un gout étrange dans la bouche de son fiancé. Elle ne serait pas facile a plier mine de rien. Mais d'un autre coté les apparences étaient prézervées et avoir une femme fluette mais solide n'était pas un mauvais plan. D'un signe de tête, l'écossais accepta donc la réponse de sa promise et reposa son éternel sourire sur son visage.


"La bibliothèque du manoir est plus variée je crois. Il y a les oeuvres Irlandaise qui me viennent de ma mère mais le précédent propriétaire l'a également remplie de livres d'horizons et de styles variés. Mais je pense que si certains ouvrages vous tiennent à coeur, vous pourrez vous arranger avec Monsieur votre père pour les faire venir. Aimez-vous danser ?"

Il allait maintenant voir si elle avait comprit la leçon. Cennyd espérait que oui parce qu'une dispute avant même le mariage ne présageait rien de bon quand à la durabilité de l'hymen. Peut-être que, si leurs caractères se révélaient incompatibles, il lui faudrait réfléchir à nouveau sur le bien fondé de cette union...

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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Sam 5 Juil - 2:27

La proposition de Cennyd de faire venir certains de ses livres préférés troubla quelque peu la jeune fille. Bien que cette proposition se voulait très certainement bienveillante, elle fit prendre conscience à Eirwen qu’elle ne vivrait plus chez elle, qu’elle devrait abandonner tout ce qu’elle connaissait, pour vivre avec cet homme. Ce n’était pas que l’idée lui déplaisait, de toutes façons, elle n’avait pas à lui plaire, c’était ainsi, inévitable, une jeune fille de son rang devait un jour ou l’autre partir, au bras d’un charmant homme, ou non d’ailleurs, celui auquel elle était promise. Qu’elle le veuille ou non. Et ce prétendant était lui. Etait-ce bien ou mauvais ? Elle n’aurait su le dire, un autre aurait pu être mieux, certes, mais pire aussi. Un autre aurait très certainement changé sa vie autant que celui-ci.

Elle ne le connaissait pas, elle ne connaissait que son orgueil, avec lequel elle avait fait connaissance au cours de ces deux entretiens. Le premier, elle était restée sage, docile, comme elle devait l’être. Aujourd’hui, c’était différent, il avait abordé un point un peu plus sensible avec elle, un qu’elle tenait à défendre coûte que coûte, mais il avait réussit à lui faire comprendre ce qu’il attendait d’elle. Des remarques qui l’avaient un peu blessé bien qu’elle ne l’ait pas montré. Elle n’était pas en colère, ou furieuse contre cet homme qui se permettait de lui faire des remontrances alors qu’ils n’étaient même pas encore mariés, mais elle était juste vexée, elle aurait bien voulu répondre à sa question, mais elle n’aimait pas qu’on parle de ses livres, de son monde. C’était à elle, rien qu’à elle. Plusieurs questions commençaient alors à l’assaillirent. Une fois qu’ils seraient mariés, une fois qu’elle aurait abandonné une partie d’elle-même, son père, sa chambre, son passé, et qu’elle aurait donné l’autre à cet homme, que lui resterait-il ? Elle réalisa avec amertume qu’il ne lui resterait rien, qu’elle ne serait plus que la femme de cet homme, son ombre, son sujet. Mais elle ne le montra pas. Elle ignora sa déception, comme elle ignorait tout ce qui lui déplaisait. Puis elle se rassura en se disant qu’elle n’en était pas encore là, ils n’étaient pas encore mariés, puis quand ils le seront, peut être que leurs relations ne seront pas aussi attristantes.

Elle releva doucement son regard vers Cennyd, un léger sourire dessiné sur ses lèvres, signe de politesse plus que de contentement. Puis elle lui répondit en anglais, dans le but de faire entendre qu’elle avait compris la leçon, et elle ne voulait surtout pas qu’il puisse penser qu’elle ne serait pas capable de faire une bonne épouse. Non pas qu’elle tenait absolument à se marier avec cet homme, mais un refus de la part du prétendant ferait terriblement honte à son père, elle ne pouvait pas se le permettre.


"J’aime beaucoup danser. Mais je n’ai malheureusement pas souvent l’occasion de sortir dans ce genre de soirée."

Elle tourna un instant son regard vers son père, qui semblait épris par la conversation qu’il tenait avec Placidia. Elle se demandait combien de temps cet entretien devait durer, non pas qu’elle n’appréciait pas la compagnie de Cennyd, mais elle trouvait ces rendez-vous embarrassants. Elle n’était jamais sûre de ce qu’il fallait répondre alors elle répondait au plus concis, en essayant de donner un peu de détail, sans trop en donner non plus, de peur de trop en dire. Finalement elle était plutôt nerveuse, avait-elle peur de ne pas lui plaire ?
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Lun 7 Juil - 21:30

Bah elle prenait tout de travers aussi. Il était gentil et s'intéressait à elle, elle se braquait, il lui proposait de rendre sa nouvelle demeure familiale plus familière et on avait l'impression qu'il venait de la condamner à mort. Elle ne pouvait pas réagir logiquement pour une fois ? Elle lui rappelait une sorte de symétrie centrale d'Irina. Tout aussi illogique mais bien moins piquante. Il en était limite dégouté. Les soirées allaient être longues si elle ne parlait pas, n'avait pas de loisir, ni de conversation. Etait-elle seulement cultivée ?

Cennyd non plus ni en colère ni blessé. Il en fallait bien plus pour entamner le cuir épais de l'ancien serpentard. Il e voulait pas d'un fantoche sans aucune saveur a ses cotés. Il aurait aimé que son épouse, cette fois en tout cas, soit aussi piquante et savoureuse que lui. Qu'ils forment un couple pas forcément unis et heureux mais solide, qu'elle soit capable d'inculquer de vraies notions à leurs enfants, comme la vengeance, l'intelligence, la force et la méfiance. Pas qu'ils deviennent des lopettes de sang pur a peine capable de défendre leurs terres comme en son temps le fils Malefoy, Drago. Allait-il reprendre son éducation depuis le début ? Serait-elle consentante ? Pourquoi acceptait-elle de le rencontrer alors qu'elle ne l'aimait visiblement pas et qu'il avait de moins en moins envie de faire un effort ? Si elle ne le faisait que pour plaire à son père, alors c'était quasiment un viol et Ced n'aimait pas blesser les femmes. Ou plutôt il n'aimait pas les blesser dans leur chair. Les blessures de l'âmes ne comptaient pas du tout a ses yeux.

Grands yeux, sourire poli, Merlin, était-elle seulement humaine ? Elle ne pouvait pas montrer un peu de sentiment ? De la colère, de l'amertume, de la peur ? Ce miroir lui rappelait cet idiot de Silver et ce n'était pas un compliment ! Wagner aurait adoré la donzelle mais a coté des Collins, elle ne faisait vraiment, vraiment pas le poids. Le moment était venu de la pousser à se révéler d'avantage ou de se rétracter. Elle ne lui laissait aucun point d'appui pour dompter la montagne ? Qu'a cela ne tienne, il allait se les créer a coup de burrin. C'était elle qui allait se prendre les coups après tout, lui n'en avait cure.

Il hocha la tête pour accuser récéption de la réponse puis regarda un moment le ciel en silence. Il allait pleuvoir. Normal pour un mois de septembre sur l'île. Après tout, il fallait beaucoup d'eau pour rendre le pays aussi verdoyant. Puis il sourit. Comme un gamin. Son visage s'éclaira, ses yeux d'acier s'adoucirent pour se mettre a briller d'un reflet plus chaud, et sa "joie" sembla soudain trop importante pour lui tout seul. Il pressa une seconde la main d'Eirwen dans la sienne, pour lui redonner confiance et comme s'il hésitait à lui parler.


"Nous allons jouer à un petit jeu voulez vous ? Cela empêchera la conversation de se languir ainsi."

Evidement il ne ressentait rien de ce qu'il montrait, il continuait à calculer ses prochains mouvements et à essayer d'en tirer le plus possible mais pour cette fois, il devait faire croire que c'était spontannée. Puisqu'Eirwen ne se conduisait pas en amie, il allait la traiter en ennemie. Pas plus compliqué.

"Ca s'appelle le portrait chinois. Je vous pose une question du style : Si vous étiez un arbre vous seriez ? Vous répondez en m'expliquant pourquoi puis vous retournez une question. Attention, pas la même, sinon ce n'est pas drôle. JE commence.

Si vous étiez une danse, vous seriez ?"


Et voila qu'elle se débrouille pour ne pas se dévoiler avec ça. Et si elle refusait il comprendrait qu'il n'y avait rien à en tirer et prendrait les décisions qui en découleraient.

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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Mar 8 Juil - 23:54

Elle ne le comprenait pas. D’un côté il était difficile de comprendre quelqu’un que l’on ne connaissait pas. Mais Cennyd était vraiment étrange. Voilà que maintenant son regard se mettait à briller d’une nouvelle lueur, était-ce de la joie ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, ça en avait tout l’air. La jeune fille plongea son regard d’incompréhension dans le sien, et tenta désespérément de le comprendre jusqu’à ce qu’il prenne sa main, et la presse l’instant d’une seconde. S’il ne l’aida pas à le comprendre, il réussit à la mettre en confiance. Puis il lui expliqua les règles de ce jeu auquel il voulait jouer avec elle. Elle pensa tout d’abord que c’était une bien étrange idée, mais elle ne déclina pas l’invitation. D’une par car elle ne pouvait pas se le permettre, et d’une autre part, elle était d’accord sur le fait que leur conversation était sur le point de se languir.

Il avait commencé, elle n’eut pas besoin de réfléchir plus de quelques secondes avant trouver quoi lui répondre, seulement, il fallait qu’elle justifie sa réponse, ce qui était un peu plus délicat…


Je serais une valserépondit-elle en laissant quelques souvenirs revenir à la surface.Je sais que ce n’est pas très original comme réponse, mais c’est réellement cette danse que je serais. Je me rappelle voir ma mère danser cette danse quand j’étais petite.

Elle s’arrêta quelques secondes et ferma les yeux, puis, laissant les souvenirs s’emparer d’elle, la jeune fille reprit :

Personne ne savait la danser aussi bien qu’elle, d’ailleurs elle ne la dansait pas, elle la vivait, et la faisait vivre à tous ceux qui la regardaient ses yeux étincelaient de milles éclats, elle revoyait sa mère dans ses pensées, elle entendait la musique dans le coin de son oreille, elle sentait son délicat parfum, lequel imprégnait sa chambre chaque soirs qu’elle venait la bercer, ses souvenirs devenaient plus réels que jamais - elle se laissait glisser sur le plancher avec une telle grâce, elle tournoyait, certaines fois je me demandais si elle ne volait pas, je pensais voir un ange. Je pouvais la regarder durant des heures sans jamais m’en lasser une larme commença à couler le long de sa jouesa robe flottait au gré de ses pas, elle était toujours en rythme avec la musique. C’est elle qui m’a donné envie de danser, je voulais à tous prix danser comme elle, je voulais savoir voler.

Elle s’arrêta de parler un instant, et laissa un court silence s’installer, juste le temps pour elle de reprendre ses esprits, de laisser ses souvenirs s’envoler dans les airs, au gré du vent de ce début d’automne. Jamais elle n’avait parlé de sa mère depuis son décès, c’était le sujet qu’il ne fallait pas aborder. Le fait de décrire un des rares souvenirs qui lui restaient d’elle l’avait beaucoup aidé, elle était triste, heureuse, puis se sentait aussi libérée d’une certaine façon. Mais elle se sentait aussi un peu gênée face à Cennyd, elle n’avait pas l’habitude de se dévoiler ainsi.

Je suis désolée de vous avoir ennuyé avec toutes ces histoires’, ajouta-t-elle en lui adressant un léger sourire. ‘Et vous, si vous étiez un paysage, que seriez-vous ?

Puis tout son corps fut parcouru d'un léger frisson, sa robe était peut être ravissante, mais elle ne tenait pas chaud. Et maintenant qu'elle avait laissé ses souvenirs s'envoler, elle se sentait un peu démunie, déshabillée de son passé.
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Dim 13 Juil - 11:43

Elle ne le comprenait pas. Ou en tout cas c'était ce que disait le regard d'incompréhension qu'elle lui lançait et Cennyd devait avouer que c'était l'une des meilleures nouvelles de la journée. Il fallait qu'elle continue a ne pas le comprendre. Qu'il en apprenne sur elle sans se dévoiler, qu'elle soit toujours sur ses gardes, à la limite de la destabilisation. Ainsi elle apprendrait à ne pas donner prises à leurs ennemis. Car ce que Plaicidia avait bien omit de dire au père de la jeune fille c'était que Ced n'était pas aussi neutre dans la guerre entre Ténèbres et Phénix qu'il aimait à le faire croire. Il avait tué un mangemort. Il avait même été Auror un jour. Pas que ça l'amusait mais c'était son plan de l'époque. Depuis il se faisait plus ou moins oublier, préparant ses vengeances contre ses deux ennemis encore vivants. Des mangemorts. Tous les deux.

La lueur d'amusement dans les yeux du garçon resta la même tout le long de la réflexion et seul un sourire moqueur répondit aux interrogations muettes d'Eirwen. Si elle voulait une réponse, elle allait devoir parler tiens, ca lui ferait les pieds. La pitié c'était bon pour les ennemis, pas pour sa promise.
Finalement, après un temps d'attente, Eirwen répondit à sa question d'une façon plus complète qu'il ne l'aurait cru possible chez une femme aussi farouchement discrète. Cennyd comprit alors une nouvelle chose sur son épouse. Quelque chose qu'il n'avait pas bien saisit jusque là. Elle était encore une enfant. Ou presque. Et lui était un homme depuis très longtemps déjà. Il ne s'agissait pas de différence d'âge mais bien de comportement. Eirwen avait besoin d'être mise en confiance par un cadre rassurant (ici, celui du jeu) pour se confier.

Il resta un moment silencieux, troquant sa moquerie habituelle contre quelque chose de plus doux pour lui assurer qu'il ne s'ennuyait pas de l'écouter parler de sa mere. Ils étaient tous deux orphelins d'un parent. Cennyd cherchait en toute chose l'image de ce père qui lui avait tant manqué, et il était évident qu'Eirwen, à sa façon bien sur, en faisait de même.


"Vous ne m'avez pas ennuyé, bien au contraire." répondit tranquillement Cennyd avant de penser à la question qu'on venait de lui poser "je serais les highlands. Vous ne connaissez peut-être pas cet enchevêtrement de collines où la pierre affleure et révèle le vrai visage de la terre. Un paysage qui peut paraitre désolé au premier abord mais qui possède une richesse et une beauté sauvage que l'on apprend rapidement a apprécier. Les montagnes d'un coté, la mer de l'autre, tous les éléments se lient pour surprendre, charmer, et finalement conquérir."

La modestie n'avait jamais été le défaut principal du jeune homme qui parlait avec assurance et un rien de passion. Il était peut-être Îrlandais par sa mère mais son coeur était Ecossais comme l'était son père. Son manoir, ses terres, sa richesse, même, venait de ces terres stériles, pâtures pour moutons et vaches laineuses. Il l'appréciait autant qu'il lui était possible d'aimer autre chose que lui même. Ou peut-être l'appréciait-il justement parce que c'était une partie de lui ? Difficile a dire, les sentiments de Cennyd étaient rarement simples.

Voyant Eirwen frissonner, Ced enleva sa cape et la posa sur les épaules dénudées de sa compagne. Il laissa ses mains s'attarder une fraction de seconde de trop, assez pour qu'elle le sente mais pas pour que son père puisse en prendre ombrage. Jamais il ne laissait sa vie aux mains du hasard. Ce dernier lui avait déjà fait un mauvais coup quand il était gosse, et les Stark n'étaient pas une race d'oublieux.


"A moi maintenant... hum..." l'idée de lui demander d'être un livre le traversa et le fit sourire mais il l'écarta d'un haussement mental d'épaule. Autant laisser à la jeune femme le loisir d'oublier cet incident regrettable. Il était temps de passer aux choses sérieuses. "Si vous étiez un vent, lequel choisirez vous ?"

Une danse, un vent, une chose était sure, Cennyd comparait sa fiancée à quelque chose de léger, festif, et insaisissable...

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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Mar 15 Juil - 3:39

Eirwen tentait d’imaginer dans sa tête cet enchevêtrement de collines que lui décrivait le sorcier, à sa façon. C'est-à-dire qu’elle visualisait certainement quelques fleurs de trop, ainsi qu’une herbe un peu trop verdoyante, mais c’était ainsi qu’elle l’imaginait, le vrai visage de la terre, c’est ainsi qu’elle le préférait. Cennyd semblait plus doux avec elle, maintenant qu’elle avait dévoilé une partie d’elle-même, et bien qu’elle le préférait ainsi que lorsqu’il avait cet éternel sourire moqueur dessiné sur son visage, la jeune fille regrettait tout de même un peu sa réponse, et surtout ses larmes qu’elle n’avait pu retenir.

Il semblait bien plus attaché à ses origines écossaises qu’à ses origines irlandaises, mais contrairement à son père, cela ne dérangeait pas Eirwen. Elle comprenait qu’ayant grandit en Ecosse, il était inévitable que ses liens avec ces terres soient plus forts qu’avec celles d’Irlande. Elle-même n’était pas autant attachée à ce pays qu’elle le laissait percevoir. Elle l’aimait, comme n’importe qui aimait son pays, mais elle ne trouvait pas que cet amour justifiait cette haine sans égale que son père vouait aux anglais, celle qui avait déchiré sa famille. En fait, on ne pouvait pas à juste titre prétendre que son cœur était irlandais, son cœur était même le contraire, anti-irlandais, anti-écossais, anti-pays. Le passé lui avait montré que les pays apparaissaient plus comme des frontières que comme des liens, ou alors des liens serrés si forts qu’ils finissaient par vous lacérer jusqu’à la moelle.

Cennyd l’avait sûrement vu frissonner car il décida d’ôter sa cape pour la déposer sur ses épaules. La jeune femme sentit ses mains s’y attarder une fraction de seconde, elle rougit légèrement, mais ne s’en offusqua pas, de toutes façons, que ça lui plaise ou non, elle serait bientôt à lui. Mais outre cette notion d’obligation, elle devait bien avouer que sa compagnie lui devenait de plus en plus plaisante. Il avait brillamment réussit à la mettre en confiance, ce qui était assez rare étant donné le tempérament excessivement réservé de la jeune fille. La cape qu’il avait déposée sur ses épaules était imprégnée de son odeur, laquelle Eirwen se délectait de respirer. Elle se sentait désormais tant en sécurité avec ce fiancé, qu’elle ne jetait plus de coups d’œil réguliers à son père, qui discutait encore avec Placidia, elle avait presque oubliée que ceux-ci les suivaient.


"Un vent ? " Répéta la jeune fille, surprise par la question. Elle n’avait jamais vraiment réfléchit à ça, encore se comparer à une danse pouvait être facile, mais à un vent. Un vent était beaucoup plus ardu à apprécier qu’une danse, en particulier lorsque l’on tient à sa coiffure et qu’on est vêtue d’une belle robe de soie. "Eh bien, je pense que je serais une brise, de celles que l’on peut sentir la nuit dans les montagnes. Elles sont légères et fraîches, en fermant les yeux on peut même entendre le chant de la montagne à travers. Je vous prierais de ne pas le répéter à mon père, mais je trouve la brise d’Irlande un peu lassante, surtout lorsqu’il s’agit du vent d’ouest qui est plus fort. "

Elle finit enfin par lui adresser un sourire qui semblait quelque peu plus sincère que les précédents, mais il ne dura pas plus de quelques secondes. D’un côté elle était contente d’avoir enfin trouvé quelqu’un pour se confier, mais d’un autre côté, elle ne voulait pas trop se dévoiler, de crainte d’effleurer l’indécence.

"Si vous étiez un sort, que seriez-vous ? " Demanda-t-elle, en lui adressant un dernier regard avant de concentrer son attention sur le paysage qui les entourait, qui n’était rien d’autre qu’une gare toujours à demi vide d’ailleurs.
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Cennyd McAyr
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Jeu 17 Juil - 21:57

C'était bien mieux comme ça. Lorsqu4eriwen se laissait aller et ne voyait plus en lui l'affreux futur époux mais simplement le jeune homme qu'il était. Les larmes qu'elle avait versées semblaient l'avoir calmée. Cennyd n'avait fait aucune remarques dessus, principlament parce qu'il ne savait pas tellement gérer ce genre de choses. Il ne pleurait jamais, sa mère non plus, et lorsque Sofria faisait une crise, il se contentait de la serrer contre lui et d'attendre que ca se passe. Chose qu'il ne pouvait pas vraiment faire avec une fiancée si fière et en pleine rue.

Toutefois cela passa bien vite et Eirwen semblait se prendre au jeu. Ses yeux se firent rêveurs tandis qu'il parlait de son pays avec des sous entendus a peine voilés. Oui il aimait l'écosse. Il était fier de cette région belle et sauvage. Il détestait également les lois d'un autre age, visant à rabaissait l'orgueil des écossais et toujours de vigueur de nos jours. L'obligation d'ouvrir sa porte a un anglais voulant se soulager ou l'interdiction d'entrer dans une ville armé d'un arc ou de flèches étaient des exemples parmi tant d'autres. C'étaient ces dispositions qui faisait de lui un écossais farouche et au sens plus large, un celte. Mais Cennyd parlait surtout l'anglais. Il était professeur de Grande Bretagne et n'était pas du genreb à juger les gens sur leur origine géographique. Le rang sanguin lui paraissait une discrimination suffisante. Cela dit, tant qu'il ne serait pas irrémédiablement lié à Eirwen, il préferait continuer à se faire passer pour un défenseur des Celtes.

La réponse de la jeune femme fut encore plus complète cette fois-ci. On sentait bien un caractère rêveur devant cette vision du vent. Petit à petit, l'esprit d'Eirwen se dévoilait devant les yeux attentifs du jeune homme. Elle était bien légère mais s'exprimait avec la précision d'une lettrée. Elle lisait beaucoup, ca se sentait. Des livres qui ne lui mettaient aucun plomb dans la cervelle. C'était tout aussi évident.


"Un sort de métamorphose qui s'appelle le sortilège de restauration. Il permet aux choses de retrouver leurs formes d'origine, qu'il s'agisse d'un sortilège protéiforme ou d'un animagus sous sa forme animale par exemple."

Il n'expliqua pas pourquoi il aimait ce sort. Tout ceci commençait à le lasser un peu et il voyait l'entrevue se prolonger plus que de raison. Surtout qu'il commençait à pleuvoir sérieusement. Non, tout ceci avait assez duré.

Placidia semblait penser la même chose car elle fit signe à Cennyd de terminer sa conversation. Toujours souriant et ne montrant rien des pensées qui lui traversaient l'esprit, le jeune homme s'inclina profondément devant sa promise et porta sa main à ses lèvres.


"Je suis au désespoir de devoir vous quitter, Eirwen. Heureusement j'ai espoir que nous nous reverrons bientôt."

Il la salua à nouveau, la ramenna vers son père, récupéra sa mère à son autre bras puis, les formalités de départ s'étant déroulées comme il se devait... et en Irlandais, le couple transplana vers l'Ecosse et ses nuages.

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Eirwen Taliesin
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MessageSujet: Re: Acte deux scène trois.   Sam 19 Juil - 17:43

Il commençait à pleuvoir un peu, ce qui n’était pas tellement étonnant. Après tout, ils étaient en Irlande. Eirwen avait l’habitude de ces pluies, elle aimait bien les petites bruines, plus que les grosses pluies qui les suivaient assez souvent. Il lui sembla un instant que Cennyd commençait à se lasser. Elle ne savait pas trop quoi en penser, d’un côté, ce jeu était fort agréable, au début, mais il est vrai qu’au bout d’un certain temps, il devenait un peu ennuyeux, d’un autre côté, s’il se lassait de sa présence au bout d’une demi heure, elle se demandait qu’est-ce que ça allait être quand ils seraient mariés, s’ils le seraient un jour.

Enfin, au moins, elle le trouvait agréable, plus que lors de leur première entrevue, ce qui n’était en soi pas un grand exploit étant donné qu’elle était au bord de l’exaspération une fois qu’il était parti. C’était étrange d’ailleurs, autant le premier rendez-vous avait été un désastre, autant celui-ci était quasiment parfait. Faisait-il semblant ? Ou bien c’était elle qui se sentait plus prête au mariage. Elle n’en avait aucune idée, d’ailleurs elle ne se sentait toujours pas prête à se marier, mais qui pourrait se sentir prêt à se marier avec un homme pour lequel on ne ressent rien, ou tout au plus de la sympathie.

Il la salua, poliment, s’inclina profondément devant elle avant de porter sa main à ses lèvres.
Elle lui adressa un léger sourire avant de s’incliner en une révérence, mais il ne sortit aucun son de sa bouche. Comme il s’en était sûrement aperçu, elle ne parlait pas beaucoup, et son regard étincelant suffisait à exprimer ce qu’elle ressentait.
Puis il la ramena vers son père, qui semblait déjà avoir salué Placidia. Elle s’accrocha au bras de son père, qui ne semblait lui accorder qu’une faible attention, peu lui importait. Elle le regardait partir, essayant de se faire à l’idée qu’un jour, elle devrait partir avec lui.
Il avait oublié de reprendre sa cape, ou alors il l’avait fait exprès, toujours était-il qu’elle était toujours sur les délicates épaules d’Eirwen. Elle sentait encore le parfum qui y était imprégné, elle l’aimait bien.

Après un léger craquement sonore, ils disparurent. La gare était vide, hormis quelques passants qui avaient tournés la tête vers l’endroit d’où provenait le craquement, sans rien apercevoir, sans rien comprendre, qu’ils étaient sots parfois, ces moldus.

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